Citations Christian Bobin - page 8

Retrouvez des dizaines de citations de Christian Bobin avec des images à copier et à partager.

Ce qui s'enfuit du monde c'est la poésie. La poésie n'est pas un genre littéraire, elle est l'expérience spirituelle de la vie, la plus haute densité de précision, l'intuition aveuglante que la vie la plus frêle est une vie sans fin.
La vie n'est pas une chose raisonnable. On ne peut, sauf à se mentir, la disposer devant soi sur plusieurs années comme une chose calme, un dessin d'architecte.
Si nous privilégions notre propre apparence, si nous nous prenons nous-même comme objet de contemplation ou de souci, nous nous condamnons à ne presque rien voir du monde et à en aimer très peu.
Ses jours sont à l'homme ce que ses peaux sont au serpent. Ils luisent un temps au soleil puis se détachent de lui.
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La souris a peur du chat, le chat a peur du chien.
Quand la vérité éclaire partout, c'est l'amour.
D'emblée dans la vie la fatigue touche aux deux portes sacrées : l'amour, le sommeil. L'amour qu'elle use comme de l'eau sur la pierre. Le sommeil qu'elle entasse comme de l'eau sur de l'eau.
Deux biens sont pour nous aussi précieux que l'eau et la lumière pour les arbres : la solitude et les échanges. L'enfer est le lieux où ces deux biens sont perdus.
Est écrivain toute personne qui ne suit que la vérité de ce qu'elle est, sans jamais s'appuyer sur autre chose que la misère et la solitude de cette vérité.
Il n'y a rien d'autre à apprendre que soi dans la vie. Il n'y a rien d'autre à connaître. On n'apprend pas tout seul, bien sûr. Il faut passer par quelqu'un pour atteindre au plus secret de soi. Par un amour, par une parole ou un visage.
Les images vraies, les images pures de vérité trouvent asile dans l'écriture, dans la compassion de solitude de celui qui écrit.
"En tant que lecteur, ce qui me touche dans une page, c'est le partage de la solitude avec l'écrivain, miraculeusement, je peux me saisir de la sienne" Globe, 16 mars 1993.
Le chagrin est une soupe au sel. Elle laisse l'estomac bien creux.
Le silence est la plus haute forme de la pensée, et c'est en développant en nous cette attention muette au jour, que nous trouverons notre place dans l'absolu qui nous entoure.
C'est une manière sûre, pour reconnaître la vraie beauté, que de mesurer la haine qu'elle attire sur elle.
La fatigue est une des choses au monde les plus intéressantes à penser. Elle est comme la jalousie, comme le mensonge ou comme la peur. Elle est comme ces choses impures que l'on tient loin de ses yeux. Comme ces choses elle nous fait toucher terre.
On a besoin d'une seule chose pour connaître toutes choses. on a besoin d'un seul visage pour jouir de tous visages.
Lire c'est ajouter au livre, découvrir, en s'y penchant, son propre visage dans la fontaine de papier blanc.
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J'ai vu de l'or dans le néant,des bijoux de visages jetés dans la boue.Nous finirons tous en miettes mais ces miettes sont en or et un ange,l'heure venue,travaillera à partir d'elles,à refaire le panier entier
On commence à écrire. Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit. C'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour.