“Le mal n'a pas d'autre cause que notre négligence et le bien ne peut naître que d'une résistance à cet ensommeillement, que d'une insomnie de l'esprit portant notre attention à son point d'incandescence.”
Christian Bobin (1951-2022) est un écrivain français né au Creusot. Autodidacte, il développe une œuvre singulière, éloignée des cercles littéraires parisiens. Son style se caractérise par une prose poétique et fragmentaire, souvent comparée à des haïkus en prose. Il explore les thèmes de l'enfance, de la simplicité, de la lumière et de la présence au monde, avec une attention particulière aux petites choses du quotidien. Son écriture, à la fois dépouillée et intense, cherche à capter l'éclat du sacré dans l'ordinaire.
Courant de pensée : Spiritualité laïque, inspiration mystique chrétienne (notamment François d'Assise et Thérèse de Lisieux) et orientale (zen). Techniques littéraires : Fragmentation textuelle, aphorismes, prose poétique, minimalisme, usage récurrent de la métaphore lumineuse. Son approche est anti-intellectualiste, privilégiant l'émotion immédiate et la sensation sur le discours construit.
Il vivait reclus dans sa maison du Creusot, refusant la plupart des invitations médiatiques et des apparitions publiques.
Ses manuscrits étaient écrits à la main, souvent sur de simples carnets.
Il a travaillé comme bibliothécaire et dans un centre pour enfants handicapés.
Son livre 'Le Très-Bas', consacré à François d'Assise, est l'un des plus grands succès de librairie de la littérature spirituelle contemporaine en France.
Il était un grand lecteur de poésie japonaise et de mystiques chrétiens.
“Le mal n'a pas d'autre cause que notre négligence et le bien ne peut naître que d'une résistance à cet ensommeillement, que d'une insomnie de l'esprit portant notre attention à son point d'incandescence.”
“Dans le moulin de ma solitude, vous entriez comme l'aurore, vous avanciez comme le feu. Vous alliez dans mon âme comme un fleuve en crue, et vos rires inondaient toutes mes terres.”
“La beauté a puissance de résurrection. Il suffit de voir et d'entendre. C'est par distraction que nous n'entrons pas au paradis de notre vivant, uniquement par distraction.”
“La fatigue est une des choses au monde les plus intéressantes à penser. Elle est comme la jalousie, comme le mensonge ou comme la peur. Elle est comme ces choses impures que l’on tient loin de ses yeux. Comme ces choses elle nous fait toucher terre.”
“La peur est comme une avancée de l'âge adulte dans ton enfance. Elle a sa place, elle a ses heures, elle a ses lieux.”
“Est écrivain toute personne qui ne suit que la vérité de ce qu'elle est, sans jamais s'appuyer sur autre chose que la misère et la solitude de cette vérité.”
“La fatigue est une des choses au monde les plus intéressantes à penser. Elle est comme la jalousie, comme le mensonge ou comme la peur. Elle est comme ces choses impures que l'on tient loin de ses yeux. Comme ces choses elle nous fait toucher terre.”
“Avec la fin de l’amour, apparaissent les rois mages : la mélancolie, le silence et la joie.”
“Et c'est quoi,la fin d' un livre.C'est quand vous avez trouvé la nourriture qu'il vous fallait,à ce jour, à cette heure,à cette page.”
“Je suis parfois mon propre mendiant : je m'assieds devant moi et je me tends la main - mais je manque de générosité et ma main reste vide.”
“Un fou c'est un homme sain d'esprit qui n'a plus les moyens de sa folie, qui perd les eaux de sa folie, d'un seul coup. Il fait faillite. Il lâche ce qui ne reposait que sur lui : la corvée du langage, la comédie du travail. Le monde entier.”
“Les livres sont des chapelets d'encre noir,chaque grain roulant entre les doigts,mot après mot.Et c'est quoi,au juste,prier.C'est faire silence.C'est s'éloigner de soi dans le silence.”
“Devant ce que la vie a de plus cruel, toutes les pensées parfois s'effondrer, privées d'appui, et il ne nous reste plus qu'à demander aux arbres qui tremblent si sous le vent de nous apprendre cette compassion que le monde ignore.”
“Cette inaliénable égalité devant le vide, l'horreur du vide, la souveraineté du vide. Que nous la reniions ou non, peu importe. C'est là que nous sommes. C'est là qu'adviennent les rencontres.”
“Les poètes sont des enfants ininterrompus, des regardeurs de ciel, impossibles à élever.”
“Nous souffrons tous de cela : de n'être pas assez volés. Nous souffrons des forces qui sont en nous et que personne ne sait piller, pour nous les faire découvrir.”
“La beauté des mères dépasse infiniment la gloire de la nature.”
“Un homme sain d’esprit c’est un fou qui tient sa folie dans une poche de sang noir - entre le cerveau et le crâne, entre sa famille et son métier.”
“Un homme sain d'esprit c'est un fou qui tient sa folie dans une poche de sang noir - entre le cerveau et le crâne, entre sa famille et son métier.”
“Vous reconnaissez vos amis à ce qu'ils ne vous empêchent pas d'être seul, à ce qu'ils éclairent votre solitude sans l'interrompre.”