“Je pouvais décrocher la lune, la leur offrir sur un plateau, on m'aurait dit de faire attention au plateau et personne n'aurait remarqué la lune.”
Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, est un écrivain algérien né le 10 janvier 1955 à Kenadsa. Ancien officier de l'armée algérienne, il a adopté le pseudonyme féminin de sa femme pour publier librement ses premiers romans sous le régime militaire. Son style se caractérise par une prose à la fois poétique et incisive, explorant les thèmes de la violence, de l'identité et des conflits humains à travers des récits souvent ancrés dans le monde arabe contemporain. Son écriture allie réalisme cru et métaphores évocatrices, créant une tension permanente entre désespoir et humanité.
Khadra appartient au courant de la littérature engagée, avec une forte dimension humaniste et politique. Ses techniques narratives privilégient la polyphonie (multiples points de vue) et l'immersion sensorielle. Philosophiquement, il interroge la nature du mal, la résilience humaine et les ambiguïtés morales dans des contextes de guerre et d'oppression. Son approche combine journalisme littéraire et introspection psychologique, souvent à travers des personnages complexes pris dans des dilemmes existentiels.
Son pseudonyme signifie 'Yasmina la Verte' en arabe, couleur symbolisant l'espoir et l'Islam
Il a écrit ses premiers romans clandestinement dans les casernes militaires
Pendant 25 ans, ses supérieurs militaires ignoraient qu'il était l'auteur à succès Yasmina Khadra
Il a dirigé une école de guerre avant de se consacrer entièrement à l'écriture
Son roman 'L'Attentat' a été interdit dans plusieurs pays arabes pour son traitement du conflit israélo-palestinien
Il écrit directement en français bien que l'arabe soit sa langue maternelle
“Je pouvais décrocher la lune, la leur offrir sur un plateau, on m'aurait dit de faire attention au plateau et personne n'aurait remarqué la lune.”
“Rien ne dure. Ni la gloire. Ni la fortune. Ni les flatteries ni les adulations. Le monde n'est que leurres et incongruité. Et malheur à celui qui se laisse prendre à son jeu”
“L'humiliation n'est pas forcément dans l'attitude des autres, quelquefois, elle réside dans le fait de ne pas s'assumer.”
“Ça a toujours été ainsi: quand on ne trouve pas de solution à son malheur, on lui cherche un coupable;”
“Je me sens patraque, halluciné, dévitalisé. Ne suis qu'un énorme chagrin recroquevillé sous une chape de plomb, incapable de dire si j'ai conscience du malheur qui me frappe ou bien s'il m'a déjà anéanti.”
“Il faut toujours regarder la mer. C'est un miroir qui ne sait pas nous mentir.”
“Si la rose savait que sa grâce et sa beauté la conduisent droit dans un vase, elle serait la première à se trancher la gorge avec sa propre épine. Mais elle ignore, et c'est dans cette poche d'ombre qu'elle puise la sève de sa survivance.”
“Si tu veux pleurer, pleure; si tu veux espérer prie, mais de grâce, ne cherche pas de coupable là où tu ne trouves pas de sens à ta douleur.”
“Tout compte fait, je crois que mon tort était de n'avoir pas eu le courage de mes convictions.”
“Quelle fierté peut-on tirer lorsqu'on envoie des gens mourir pour que d'autres vivent libres et heureux?”
“Celui qui passe à côté de la plus belle histoire de sa vie n'aura que l'âge de ses regrets et tous les soupirs du monde ne sauraient bercer son âme...”
“- Il ne faut pas avoir honte de ses sentiments quand ils sont beaux, même lorsqu'ils nous semblent injustes.”
“Tout le malheur des hommes vient de ce malentendu: ce que Dieu te prête tu dois savoir le rendre. Aucune chose sur terre ne t'appartient vraiment. Ni ta patrie dont tu parles ni la tombe qui te fera poussière parmi la poussière.”
“Nos paupières nous deviennent des portes dérobées; closes, elles nous racontent; ouvertes, elles donnent sur nous-mêmes. Nous sommes les otages de nos souvenirs. Nos yeux ne nous appartiennent plus.”
“Chacun a droit à sa part de gloire. On ne choisit pas son destin, mais c'est bien de choisir sa fin. C'est une façon démocratique de dire merde à la fatalité.”
“Il n'est pire folie que de se croire le nombril du monde.”
“Un malheur n'arrive jamais seul. Il n'a pas assez de cran pour ça. Il lui faut impérativement une épreuve supplémentaire pour l'assister dans son travail de sape.”
“Le silence est le plus cruel support de la panique ; il fait du doute une hantise, de l'obscurité une claustrophobie.”
“L'argent n'a pas d'odeur, mais Dieu ! c'qu'il sent bon.”
“Né au cœur des champs, je retrouvais un à un mes repères d'antan, l'odeur des labours et le silence des tertres. Je renaissais dans ma peau de paysan, heureux de constater que mes habits de citadin n'avaient pas dénaturé mon âme.”