Citations Stendhal

Stendhal, de son vrai nom Henri Beyle (1783-1842), est un écrivain français majeur du XIXe siècle. Issu d'une famille bourgeoise de Grenoble, il participe aux campagnes napoléoniennes avant de mener une vie de diplomate et d'observateur passionné de la société. Son style se caractérise par une prose sèche, précise et analytique, rompant avec le lyrisme romantique de son époque. Il privilégie l'étude psychologique des personnages, qu'il décrit avec une lucidité presque clinique, explorant leurs contradictions et leurs mécanismes intérieurs. Stendhal cultive une écriture de la rapidité et de la spontanéité, cherchant à capter la vérité humaine dans sa complexité.

Style & Philosophie

Stendhal s'inscrit dans le courant du réalisme psychologique et annonce le roman moderne. Influencé par les idéaux des Lumières et le matérialisme du XVIIIe siècle, il développe une philosophie du 'beylisme', centrée sur la recherche du bonheur individuel, l'énergie vitale et l'authenticité. Ses techniques narratives incluent l'ironie distanciée, l'analyse des motivations secrètes, et l'usage fréquent de digressions réflexives. Il revendique une esthétique de la 'cristallisation' amoureuse et applique une méthode d'observation quasi-scientifique aux passions humaines, notamment dans ses chroniques italiennes.

Le saviez-vous ?

Stendhal a inventé son pseudonyme en référence à la ville allemande de Stendal, lieu de naissance de l'historien d'art Johann Joachim Winckelmann qu'il admirait.
Il écrivait souvent debout et adorait composer ses textes dans des cafés bruyants, affirmant que le bruit l'aidait à concentrer.
Il a tracé sur son exemplaire de 'La Chartreuse de Parme' : 'Je n'écrirai pour être compris que vers 1880.'
Souffrait du 'syndrome de Stendhal' (étourdissements devant une œuvre d'art) bien avant que le terme ne soit cliniquement défini.
Il se rêvait en 'observateur du cœur humain' et tenait un journal intime détaillé toute sa vie.

Chronologie

 
1783 : Naissance à Grenoble.
 
1800-1801 : Participe à la campagne d'Italie sous Napoléon.
 
1814 : S'exile en Italie après la chute de l'Empire.
 
1817 : Publie 'Rome, Naples et Florence', signé pour la première fois 'Stendhal'.
 
1822 : 'De l'amour', essai sur la psychologie amoureuse.
 
1830 : Publication de 'Le Rouge et le Noir', chef-d'œuvre du réalisme psychologique.
 
1839 : 'La Chartreuse de Parme', écrit en 52 jours.
 
1842 : Mort à Paris d'une attaque d'apoplexie.

Œuvres Principales

  • Le Rouge et le Noir (1830)
  • La Chartreuse de Parme (1839)
  • Armance (1827)
  • Lucien Leuwen (inachevé, publié posthume)
  • Vie de Henry Brulard (autobiographie, 1890)
  • Chroniques italiennes (recueil de nouvelles, 1839)
  • De l'amour (1822)

Auteurs Associés

Honoré de Balzac (réalisme social et psychologique) Gustave Flaubert (précision stylistique et distance ironique) Prosper Mérimée (concision narrative et goût pour l'Italie) Italo Calvino (héritier de la clarté stendhalienne) Henry James (analyse approfondie de la conscience) André Gide (modernité et exploration du moi)
  • “— Voilà, se disait-il, comme sont ces gens riches, ils humilient et croient ensuite pouvoir tout réparer, par quelques singeries !”

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  • “La jalousie et la calomnie te poursuivront. En quelque lieu que la Providence te place, tes compagnons ne te verront jamais sans te haïr, et s'ils feignent de t'aimer, ce sera pour te trahir plus sûrement.”

  • “Une fille ordinaire, se disait-elle, eût cherché l'homme qu'elle préfère, parmi ces jeunes gens qui attirent tous les regards dans un salon ; mais un des caractères du génie est de ne pas traîner sa pensée dans l'ornière tracée par le vulgaire.”

  • “Il n'y a point de droit naturel : ce mot n'est qu'une antique niaiserie bien digne de l'avocat général qui m'a donné chasse l'autre jour, et dont l'aïeul fut enrichi par une confiscation de Louis XIV. Il n'y a de droit que lorsqu'il y a une loi pour défendre de faire telle chose sous peine de punition. Avant la loi il n'y a de naturel que la force du lion, ou le besoin de l'être qui a faim, qui a froid, le besoin en un mot...”

  • “J'ai aimé la vérité...où est-elle ?...Partout hypocrisie, ou du moins charlatanisme, même chez les plus vertueux, même chez les plus grands ; et ses lèvres prirent l'expression du dégoût. Non l'homme ne peut se fier à l'homme.”

  • “Le regard est la grande arme de la coquetterie vertueuse. On peut tout dire avec un regard, et cependant on peut toujours nier un regard.”

  • “Un chemin est-il moins beau parce qu'il y a des épines dans les haies qui le bordent ? Les voyageurs font route et laissent les épines se morfondre à leur place.”

  • “Ce qui rend la douleur de la jalousie si aiguë, c'est que la vanité ne peut aider à la supporter.”

  • “L'admission de la femme à l'égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation ; elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain et ses chances de bonheur.”

  • “Ma foi, si je trouve le dieu des chrétiens, je suis perdu, c'est un despote et, comme tel, il est rempli d'idées de vengeance, la bible ne parle que de punitions atroces. Je ne l'ai jamais aimé et je n'ai même jamais voulu croirequ'on l'aime sincèrement.”

  • “La bonne musique ne se trompe pas, et va droit au fond de l'âme chercher le chagrin qui nous dévore.”

  • “Ta carrière sera pénible. Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. La jalousie et la calomnie te poursuivront.”

  • “La politique dans une œuvre littéraire, c'est un coup de pistolet au milieu d'un concert, quelque chose de grossier et auquel pourtant il n'est pas possible de refuser son attention”

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  • “La vieillesse n’est autre chose que la privation de folie, l’absence d’illusions et de passion.”

  • “Un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l'azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route. Et l'homme qui porte le miroir dans sa hotte sera par vous accusé‚ d'être immoral ! Son miroir montre la fange, et vous accusez le miroir ! Accusez bien plutôt le grand chemin où est le bourbier, et plus encore l'inspecteur des routes qui laisse l'eau croupir et le bourbier se former.”