Citations Virginia Woolf

Virginia Woolf (1882-1941) est une écrivaine britannique majeure du modernisme littéraire. Issue d'une famille intellectuelle victorienne, elle développe un style révolutionnaire caractérisé par le flux de conscience, explorant la vie intérieure de ses personnages avec une sensibilité psychologique exceptionnelle. Son œuvre, profondément féministe, questionne les structures sociales, la condition des femmes et la nature de la réalité. Atteinte de troubles bipolaires, elle met fin à ses jours en 1941, laissant une œuvre qui continue d'influencer la littérature mondiale.

Style & Philosophie

Woolf appartient au courant moderniste et au Bloomsbury Group. Ses techniques incluent : le monologue intérieur, la fragmentation narrative, l'abolition de l'intrigue traditionnelle, la superposition temporelle et l'exploration de l'épiphanie. Philosophiquement, elle s'intéresse à la subjectivité, à la perception du temps, à l'androgynie psychique et à la critique des institutions patriarcales. Son essai 'Une chambre à soi' formule sa pensée féministe sur l'autonomie créative des femmes.

Le saviez-vous ?

Woolf écrivait debout à un pupitre spécialement conçu
Elle a appris le grec ancien avec sa sœur Vanessa
La Hogarth Press a publié la première édition anglaise de Freud
Elle détestait le téléphone et refusait de l'utiliser
Son chien favori s'appelait Pinker
Elle a écrit plus de 5000 lettres dans sa vie
Le groupe de Bloomsbury se réunissait dans sa maison sans formalités

Chronologie

 
1882 : Naissance à Londres
 
1895 : Première dépression après la mort de sa mère
 
1904 : Mort de son père, installation à Bloomsbury
 
1912 : Mariage avec Leonard Woolf
 
1915 : Publication de son premier roman 'The Voyage Out'
 
1917 : Fondation de la Hogarth Press avec son mari
 
1925 : 'Mrs Dalloway', chef-d'œuvre du flux de conscience
 
1927 : 'To the Lighthouse', exploration du temps psychologique
 
1928 : 'Orlando', roman biographique expérimental
 
1929 : 'Une chambre à soi', manifeste féministe
 
1941 : Suicide par noyade dans la rivière Ouse

Œuvres Principales

  • The Voyage Out (1915)
  • Night and Day (1919)
  • Jacob's Room (1922)
  • Mrs Dalloway (1925)
  • To the Lighthouse (1927)
  • Orlando: A Biography (1928)
  • The Waves (1931)
  • The Years (1937)
  • Between the Acts (1941)
  • Une chambre à soi (1929)
  • Trois guinées (1938)

Auteurs Associés

James Joyce (utilisation du flux de conscience) Marcel Proust (exploration du temps subjectif) Katherine Mansfield (modernisme féminin) E.M. Forster (membre du Bloomsbury Group) Dorothy Richardson (précursseur du monologue intérieur) Anaïs Nin (journal intime littéraire) Marguerite Duras (écriture fragmentée et psychologique)
  • “C'est pourquoi le roman fait naître en nous nombre d'émotions antagonistes et contradictoires. La vie entre en conflit avec quelque chose qui n'est pas la vie.”

  • “Le silence va se refermer derrière nous. Si je regarde en arrière par-delà cette tête chauve, je vois le silence se refermer déjà et les ombres des nuages se poursuivre sur la lande déserte ; le silence se referme sur notre passage éphémère. Voici, dis-je, l'instant présent ; voici le premier jour des grandes vacances. Voici la partie émergée du monstre auquel nous sommes attachés.”

  • “Quand les gens sont heureux, avait-t-elle dit à Elisabeth, ils ont une réserve dans laquelle puiser, alors qu'elle, elle était comme une roue dégonflée qui cahote sur les gravillons.”

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  • “Il s'assit sur le rebord. Mais il attendrait le tout dernier moment. Il ne voulait pas mourir. La vie était bonne ; le soleil, chaud. Seulement, les êtres humains : mais qu'est-ce qu'ils voulaient ?”

  • “Écoute, Rhoda (car nous sommes des conspirateurs, les mains posées sur l'urne froide), la voix banale, vive, exaltante de l'action, la voix des chiens flairant la trace.”

  • “La grande tribu de ceux qui sont incapables de nettement cloisonner leurs sentiments, et qui ne peuvent s'empêcher de laisser des projets futurs, avec leurs joies et leurs peines, brouiller la réalité du moment présent”

  • “Les morts ne réclament ni fleurs ni regrets, mais une part de la vie qu'ils ont donnée, une part dans la vie qu'ils ont vécue.”

  • “Les chefs-d'œuvre ne sont pas nés seuls et dans la solitude; ils sont le résultat de nombreuses années de pensées en commun, de pensées élaborées par l'esprit d'un peuple entier, de sorte que l'expérience de la masse se trouve derrière la voix d'un seul.”

  • “Nous tenons, apparemment, à vivre. Puis de nouveau, l'indifférence revient. Le grondement de la circulation, les visages indistincts qui passent, de-ci de-là, m'engourdissent et me font rêver ; effacent les traits des visages. Les gens pourraient me passer au travers. Et quel est cet instant, cette journée particulière où je me trouve pris ?”

  • “Pourquoi, comme Louis, réclamer une explication, ou s'enfuir comme Rhoda vers un bosquet lointain et écarter les feuilles de laurier et y chercher des statues ? On dit qu'il faut battre des ailes contre la tempête parce qu'on croit qu'au-delà de cette confusion le soleil brille ; que le soleil tombe dru sur les étangs emplumés de saules.”

  • “Tous ces siècles, les femmes ont servi de miroirs, dotés du pouvoir magique et délicieux de refléter la figure de l'homme en doublant ses dimensions naturelles.”

  • “Les femmes ont pendant des siècles servi aux hommes de miroirs, elles possédaient le pouvoir magique et délicieux de réfléchir une image de l'homme deux fois plus grande que nature. Sans ce pouvoir la terre serait probablement encore marécage et jungle.”

  • “Les chefs-d'œuvre ne sont pas nés seuls et dans la solitude; ils sont le résultat de nombreuses années de pensées en commun, de pensées élaborées par l'esprit d'un peuple entier, de sorte que l'expérience de la masse se trouve derrière la voix d'un seul.”

  • “Il est très tôt, avant la classe. Fleur après fleur fait moucheture sur les verts profonds. Les pétales sont des arlequins. Les tiges émergent des trous noirs au-dessous. Les fleurs nagent comme des poissons de lumière sur les eaux vertes, sombres. Je tiens une tige à la main. Je suis cette tige. Mes racines s'enfoncent dans les profondeurs du monde, traversent la terre de brique sèche, et la terre humide, traversent des veines de plomb et d'argent.”

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  • “Les femmes ont pendant des siècles servi aux hommes de miroirs, elles possédaient le pouvoir magique et délicieux de réfléchir une image de l'homme deux fois plus grande que nature. Sans ce pouvoir la terre serait probablement encore marécage et jungle.”

  • “Il est naturel qu'un chien toujours couché avec la tête sur un lexique grec en vienne à détester d'aboyer ou de mordre; qu'il finisse par préférer le silence du chat à l'exubérance de ses congénères et la sympathie humaine à toute autre.”