“Il en va de l'érotisme comme de la danse : l'un des partenaires se charge toujours de conduire l'autre.”
Milan Kundera, né en 1929 à Brno (Tchécoslovaquie, aujourd'hui République tchèque), est un écrivain d'origine tchèque naturalisé français en 1981. Exilé en France depuis 1975 après l'interdiction de ses œuvres par le régime communiste, il développe une prose philosophique qui explore l'existence humaine, l'identité, la mémoire et l'oubli. Son style se caractérise par une narration fragmentée, un jeu constant entre fiction et réflexion, et une ironie subtile qui déconstruit les idéologies totalitaires et les certitudes existentielles.
Kundera appartient au courant de la littérature philosophique moderne, influencé par Nietzsche, Heidegger et les existentialistes. Ses techniques narratives incluent : la polyphonie (multiples perspectives narratives), la digression philosophique, l'auto-réflexivité métalittéraire, l'utilisation de leitmotivs, et la déconstruction des conventions romanesques traditionnelles. Il conceptualise le roman comme 'une méditation sur l'existence' plutôt qu'une simple narration.
Kundera a d'abord étudié la musicologie et composé de la musique avant de se consacrer à l'écriture
Il refuse systématiquement les interviews et les apparitions médiatiques depuis les années 1980
Son père était un pianiste réputé et élève de Leoš Janáček
Kundera écrit désormais directement en français depuis 'L'Immortalité' (1990)
Une polémique a surgi en 2008 l'accusant d'avoir dénoncé un résistant en 1950, accusation qu'il a toujours niée
Il considère 'La Vie est ailleurs' comme son roman le plus abouti techniquement
“Il en va de l'érotisme comme de la danse : l'un des partenaires se charge toujours de conduire l'autre.”
“La bêtise des gens consiste à avoir une réponse à tout. La sagesse d'un roman consiste à avoir une question à tout.”
“Le sentiment d'amour nous abuse tous par une illusion de connaissance.”
“L'homme, bien qu'il soit lui-même mortel, ne peut se représenter ni la fin de l'espace, ni la fin du temps, ni la fin de l'histoire, ni la fin d'un peuple, il vit toujours dans un infini illusoire.”
“Elle l'aimait trop pour pouvoir admettre que ce qu'elle qualifiait d'inoubliable pût être oublié.”
“Il comprend que cette impatience de parler est en même temps un implacable désintérêt à écouter..”
“Le roman en tant que tel peut apparaître comme polémique parce que son ambition la plus profonde est de dévoiler les choses et de montrer ce qui se cache derrière nos certitudes et nos représentations.”
“Le plus grand malheur de l'homme, c'est un mariage heureux. Aucun espoir de divorce.”
“Être courageux dans l'isolement, sans témoins, sans l'assentiment des autres, face à face avec soi-même, cela requiert une grande fierté et beaucoup de force.”
“Le flirt avec l'avenir est le pire des conformismes, la lâche flatterie du plus fort. Car l'avenir est toujours plus fort que le présent. C'est bien lui, en effet, qui nous jugera. Et certainement sans aucune compétence.”
“En politique, le monde est blanc ou noir. Il n'y a aucune place pour l'ambiguïté, la contradiction, le paradoxe.”
“Le roman est ennemi de la vitesse, la lecture doit être lente et le lecteur doit rester sous le charme d'une page, d'un paragraphe, d'une phrase même.”
“Celui qui veut continuellement s'élever doit s'attendre à avoir un jour le vertige.”
“Si la maternité est le Sacrifice même, être fille c'est la Faute que rien ne pourra jamais racheter.”
“Celui qui veut se souvenir ne doit pas rester au même endroit et attendre que les souvenirs viennent tout seuls jusqu'à lui ! Les souvenirs se sont dispersés dans le vaste monde et il faut voyager pour les retrouver et les faire sortir de leur abri !”
“[...] je passe mon temps à rêver d'un univers où l'homme ne viendrait pas au monde parmi des étrangers mais parmi ses frères.”
“Nous vivons de plus en plus dans l'oubli de l'être. Reconstituer cette sensibilité à la vie, cette attention aux coïncidences, tel est aussi le sens du roman.”
“La lutte de l'homme contre le pouvoir, c'est la lutte de la mémoire contre l'oubli.”
“L'homme, bien qu'il soit lui-même mortel, ne peut se représenter ni la fin de l'espace, ni la fin du temps, ni la fin de l'histoire, ni la fin d'un peuple, il vit toujours dans un infini illusoire.”
“Aimer quelqu'un par compassion, ce n'est pas l'aimer vraiment.”