“La sotte vanité, jointe avec l'envie, Deux pivots sui roule aujourd'hui notre vie.”
Jean de La Fontaine (1621-1695) est un poète français de la période classique, principalement célèbre pour ses Fables. Issu d'une famille bourgeoise, il mène d'abord une vie mondaine à Paris sous la protection de financiers et de nobles, notamment la duchesse d'Orléans et Madame de La Sablière. Son style se caractérise par une apparente simplicité qui masque une grande sophistication littéraire. Il maîtrise parfaitement le vers libre, mêlant ton léger et profondeur philosophique. Ses fables, souvent inspirées d'Ésope et de Phèdre, utilisent le monde animal pour dresser un portrait critique de la société du XVIIe siècle, abordant des thèmes universels comme le pouvoir, la ruse et la justice avec une ironie subtile.
La Fontaine appartient au classicisme français mais avec une sensibilité pré-romantique dans sa relation à la nature. Sa philosophie est marquée par un scepticisme humaniste et un épicurisme modéré. Techniques principales : 1) L'apologue moral utilisant l'allégorie animale 2) L'art de la chute (moralité finale) 3) Le mélange des registres (comique, tragique, lyrique) 4) L'utilisation du vers irrégulier qui suit le rythme de la pensée 5) L'alternance entre narration et dialogue. Il pratique l'art de plaire tout en instruisant, suivant la doctrine classique mais avec une liberté formelle remarquable.
La Fontaine a failli ne pas être élu à l'Académie française car Louis XIV le trouvait trop frivole
Il était un grand ami de Molière, Racine et Boileau, formant avec eux le 'Quartier des Quatre'
Ses Fables étaient initialement dédiées au Dauphin, fils de Louis XIV, alors âgé de 7 ans
Il a écrit des contes grivois qui ont été interdits par l'Église
Il pratiquait l'art de la procrastination, mettant parfois des années à honorer ses commandes
Son épitaphe, écrite par lui-même, dit simplement : 'Jean s'en alla comme il était venu'
“La sotte vanité, jointe avec l'envie, Deux pivots sui roule aujourd'hui notre vie.”
“Il accusait toujours les miroirs d'être faux.”
“La dispute est d'un grand secours. Sans elle, on dormirait toujours.”
“On rencontre sa destinée souvent par les chemins qu'on prend pour l'éviter.”
“Le bien, nous le faisons ; le mal, c'est la Fortune ; On a toujours raison, le destin toujours tort.”
“Certains compliments de consolation Qui sont surcroît d'affliction.”
“Entre amis, il ne faut jamais qu'on s'abandonne aux traits d'un courroux sérieux.”
“Chacun se dit ami ; mais fou qui s'y repose : Rien n'est plus commun que ce nom, Rien n'est plus rare que la chose.”
“Tenez toujours divisés les méchants : La sûreté du reste de la terre Dépend de là. Semez entre eux la guerre, Ou vous n'aurez avec eux nulle paix.”
“Chez les amis, tout s'excuse, tout passe ; Chez les amants, tout plaît, tout est parfait ; Chez les époux, tout ennuie et tout lasse.”
“Les plus semblables aux morts meurt le plus à regret.”
“Gens trop heureux font toujours quelque faute...”
“Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.”
“Défendez-vous par la grandeur, Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse : La Mort ravit tout sans pudeur.”
“Les ruines d'une maison Se peuvent réparer : que n'est cet avantage Pour les ruines du visage !”
“Chien hargneux a toujours l'oreille déchirée.”
“L'adversaire d'une vraie liberté est un désir excessif de sécurité.”
“Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami ; Mieux vaudrait un sage ennemi.”
“Les ruines d'une maison Se peuvent réparer : que n'est cet avantage Pour les ruines du visage !”
“Ne me parle point de retour : L'absence est aussi bien un remède à la haine. Qu'un appareil contre l'amour.”