“Dans les épreuves cruciales, la cigarette nous est d'une aide plus efficace que les évangiles.”
Emil Cioran (1911-1995) est un philosophe et essayiste roumain d'expression française, connu pour son style aphoristique et son pessimisme radical. Né en Roumanie, il s'installe à Paris en 1937 où il vivra jusqu'à sa mort. Son œuvre, marquée par une prose lyrique et fragmentaire, explore les thèmes de l'insomnie, de la décadence, du suicide et de l'absurdité de l'existence. Son style se caractérise par une élégance désespérée, mêlant profondeur métaphysique et ironie mordante, souvent comparé à celui des moralistes français du XVIIe siècle.
Cioran est associé à l'existentialisme et au nihilisme, bien qu'il rejette toute étiquette philosophique systématique. Ses techniques incluent l'aphorisme, la paradoxe, et l'auto-ironie. Il développe une pensée du 'désespoir lucide', influencée par Schopenhauer, Nietzsche et les mystiques. Sa philosophie refuse toute consolation métaphysique ou idéologique, prônant une lucidité absolue face à la vacuité de l'existence et à l'échec de toute entreprise humaine.
Cioran a souffert d'insomnie chronique depuis l'adolescence, thème central dans son œuvre
Il a brûlé tous ses manuscrits en roumain après son installation en France
Il refusait systématiquement les prix littéraires, sauf le Prix Rivarol qu'il accepta pour des raisons financières
Il écrivait toujours debout, à un pupitre
Son frère était un important historien des religions en Roumanie
“Dans les épreuves cruciales, la cigarette nous est d'une aide plus efficace que les évangiles.”
“Lorqu'on se refuse à admettre le caractère interchangeable des idées, le sang coule...”
“Le tact, vice terrien, préjugé des civilisations enracinées, instinct du protocole”
“Tant la solitude me comble que le moindre rendez-vous m'est une crucifixion.”
“C'est à coup d'excitants (café, tabac) que j'ai écrit tous mes livres. A quoi tient l'activité de l'esprit !”
“La lucidité sans le correctif de l'ambition conduit au marasme. Il faut que l'une s'appuie sur l'autre, que l'une combatte l'autre sans la vaincre, pour qu'une œuvre, pour qu'une vie soit possible.”
“La tyrannie brise ou fortifie l'individu ; la liberté l'amollit et en fait un fantoche. L'homme a plus de chances de se sauver par l'enfer que par le paradis.”
“La sainteté me fait frémir, cette ingérence dans les malheurs d'autrui, cette barbarie de la charité, cette pitié sans scrupules...”
“Pour qu'une nation compte, il faut que la moyenne en soit bonne. Ce qu'on appelle civilisation ou simplement société n'est rien d'autre que la qualité excellente des médiocres qui la composent.”
“Don Quichotte représente la jeunesse d'une civilisation : il s'inventait des événements ; - nous ne savons comment échapper à ceux qui nous pressent.”
“Plus l'homme acquiert de la puissance, plus il devient vulnérable.Ce qu'il doit le plus redouter, c'est le moment où, la création entièrement jugulée, il fêtera son triomphe, apothéose fatale, victoire à laquelle il ne survivra pas. Le plus probable est qu'il disparaîtra avant d'avoir réalisé toutes ses ambitions. Il est déjà si puissant que l'on se demande pourquoi il aspire à l'être davantage. tant d'insatiabilité trahit une misère sans recours, une déchéance magistrale.”
“L'inconscience est une patrie; la conscience un exil.”
“Une civilisation débute par le mythe et finit par le doute.”
“Au zoo. Toutes ces bêtes ont une attitude décente, hormis les singes. On sent que l'homme n'est pas loin.”
“La sainteté me fait frémir, cette ingérence dans les malheurs d'autrui, cette barbarie de la charité, cette pitié sans scrupules...”
“Paris, point le plus éloigné du Paradis, n'en demeure pas moins le seul endroit où il fasse bon désespérer.”
“Eût-il tous les mérites, un ambitieux ne peut être honnête qu'à la surface. N'ayez confiance que dans les indifférents.”
“Le désir de mourir n'exprime parfois qu'une subtilité de notre orgueil : nous voulons nous rendre maîtres des surprises fatales de l'avenir, ne pas tomber victimes de son désastre essentiel.”
“Plus l'homme acquiert de la puissance, plus il devient vulnérable.Ce qu'il doit le plus redouter, c'est le moment où, la création entièrement jugulée, il fêtera son triomphe, apothéose fatale, victoire à laquelle il ne survivra pas. Le plus probable est qu'il disparaîtra avant d'avoir réalisé toutes ses ambitions. Il est déjà si puissant que l'on se demande pourquoi il aspire à l'être davantage. tant d'insatiabilité trahit une misère sans recours, une déchéance magistrale.”
“Sans l'espoir d'une douleur plus grande, je ne pourrais supporter celle du moment, fût-elle infinie.”