Citations Emil Cioran - page 10

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L'histoire, agression de l'homme contre lui même, ; se vouer à l'histoire, c'est apprendre à s'insurger, à imiter le Diable.
Lorsqu'on a commis la folie de confier à quelqu'un un secret, le seul moyen d'être sûr qu'il le gardera pour lui, est de le tuer sur-le-champ.
Quand on revoit quelqu'un après de longues années, il faudrait s'asseoir l'un en face de l'autre et ne rien dire pendant des heures, afin qu'à la faveur du silence la consternation puisse se savourer elle-même.
La conscience aiguë d'avoir un corps, c'est cela l'absence de santé.
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La tyrannie brise ou fortifie l'individu ; la liberté l'amollit et en fait un fantoche. L'homme a plus de chances de se sauver par l'enfer que par le paradis.
L'homme est libre, sauf en ce qu'il a de plus profond. A la surface il fait ce qu'il veut; dans ses couches obscures, "volonté" est vocable dépourvu de sens.
Si le chien est le plus méprisé des animaux, c'est que l'homme se connaît trop bien pour pouvoir apprécier un compagnon qui lui est si fidèle.
À mesure que la mémoire s'affaiblit, les éloges qu'on nous a prodigués s'effacent au profit des blâmes. Et c'est justice : les premiers, on les a rarement mérités, alors que les seconds jettent quelque clarté sur ce qu'on ignorait de soi-même.
On s'accommoderait aisément des chagrins, si la raison ou le foie n'y succombait.
Journal : le besoin de consigner toutes les réflexions amères, par l'étrange peur qu'on arriverait un jour à ne plus être triste...
Contaminés par la superstition de l'acte, nous croyons que nos idées doivent aboutir.
On parle des maladies de la volonté, et on oublie que la volonté elle-même est une maladie, que c'est une activité non naturelle que de vouloir.
Ce n'est pas la peur d'entreprendre, c'est la peur de réussir, qui explique plus d'un échec.
Celui qui a vécu jusqu'au bout l'orgueil de la solitude n'a plus qu'un rival : Dieu.
Ce qu'on appelle "sagesse" n'est au fond qu'une perpétuelle "réflexion faite", c'est-à-dire la non-action comme premier mouvement.