“La vie est un miroir dans lequel l'homme n'est jamais que le reflet de lui-même.”
“Miroirs grossissants, miroirs déformants qui supporteraient, à la foire, de s'y voir plus qu'un instant ? Bien souvent pourtant, c'est miroirs que sont les psychotiques ; et dans le miroir qu'ils nous tendent sous le nez, nous faisons une drôle de tête pas belle à voir et qui néanmoins nous ressemble assez. Miroirs insupportables d'être à la fois si fidèles et si déformants, combien êtes-vous qu'on a brisés ?”
“La vie est un miroir dans lequel l'homme n'est jamais que le reflet de lui-même.”
“La jeunesse n'ose pas se regarder au miroir de la conscience quand elle verse du côté de l'injustice, tandis que l'âge mûr s'y est vu : là gît toute la différence entre ces deux phases de la vie.”
“Il faut toujours regarder la mer. C'est un miroir qui ne sait pas nous mentir.”
“Enfermé entre quatre murs ( au nord, le cristal du non-savoir, paysage à inventer ; au sud, la mémoire sillonnée; à l'est, le miroir ; à l'ouest, la pierre et le chant du silence), j'écrivais des messages sans réponse, détruits à peine signés.”
“L'ailleurs est un miroir en négatif. Le voyageur y reconnaît le peu qui lui appartient, et découvre tant ce qu'il n'a pas eu, et n'aura pas.”
“façon d'aimer, façon de haïr Les schizophrènes ont une façon d'aimer étrangement semblable aux façons de la haine. On ne compte pas les gens qui s'y sont laissé prendre.”
“Délirer, c'est prendre son cerveau pour un muscle.”
“Les schizophrènes ont un besoin absolu de concret. Plus vif est le désaveu qu'ils font de leur réalité — psychique de l'existence même de cette réalité intérieure propre — et plus grand leur appétit de concrétude. Vivre la schizophrénie consiste à bien à vivre hors de soi.”
“Je suis pleinement d'accord avec F. Pasche (1965-1969, 1971) pour estimer que le conflit fondamental des psychotiques se rapporte au conflit originaire entre le narcissisme et l'antinarcissisme. L'antinarcissisme, Pasche nous le montre à l'œuvre : il est cette force qui très tôt tire le sujet hors de soi, lui soutire sa substance et l'arrache à sa chair en l'aspirant vers l'objet — s'opposant au narcissisme qui, s'il était pur, ne poursuivrait qu'unité totale, intégrité absolue et, comme un œuf, parfaite autarcie.”
“Certains schizophrènes, tant ils tiennent la garde pour écarter les oiseaux, font songer à des épouvantails usés. Mais attention, quand la vie, de nouveau timidement, les habite sous les mêmes oripeaux, attention à ne pas manquer cette éclosion fragile. Combien de schizophrènes sont-ils retournés à leur vide, épouvantails maintenant définitifs, parce qu'on n'a pas entendu revenir un murmure de vie ?”