“Je ne crois pas aux valeurs qui régissent l'Art d'aujourd'hui... La loi du nouveau. La loi de la surprise... La surprise est une chose morte. Morte à peine conçue...”
Yasmina Reza, née le 1er mai 1959 à Paris, est une dramaturge, romancière, scénariste et actrice française d'origine iranienne et hongroise. Formée au théâtre et à la sociologie, elle connaît un succès international avec sa pièce 'Art' (1994), traduite en 35 langues. Son style se caractérise par un dialogue vif, incisif et souvent comique, explorant les tensions sociales, les rapports de classe et les contradictions de la bourgeoisie contemporaine. Elle excelle à révéler l'absurdité des conventions sociales à travers des situations minimalistes où les dialogues deviennent des armes. Bien qu'écrivant principalement en français, son œuvre possède une universalité qui transcende les frontières culturelles.
Reza appartient au courant du théâtre de la conversation et de l'analyse sociale contemporaine. Ses techniques incluent : 1) Des dialogues serrés et rythmés où le non-dit est aussi important que les paroles, 2) Une construction dramatique épurée avec peu de personnages mais des conflits intenses, 3) L'utilisation de l'humour comme révélateur des tensions sociales, 4) L'exploration des malentendus culturels et générationnels, 5) Une approche sociologique fine des comportements humains. Philosophiquement, elle s'inscrit dans la tradition de l'absurde social, montrant comment les codes sociaux deviennent des prisons volontaires.
Yasmina Reza est également actrice et a joué dans plusieurs films, dont 'Chloé' d'Anne Fontaine
Son père était un ingénieur iranien juif et sa mère une violoniste hongroise juive
Elle a adapté elle-même plusieurs de ses pièces pour le cinéma
'Art' a établi un record de longévité à Londres avec plus de 6 ans de représentations continues
Elle est l'une des dramaturges françaises les plus jouées dans le monde
Elle écrit souvent la nuit et retravaille ses textes de nombreuses fois
“Je ne crois pas aux valeurs qui régissent l'Art d'aujourd'hui... La loi du nouveau. La loi de la surprise... La surprise est une chose morte. Morte à peine conçue...”
“-Tu ne t'intérresses pas à la peinture contemporaine, tu ne t'y es jamais intéressé. Tu n'as aucune connaissance dans ce domaine, donc comment peux-tu affimer que tel objet, obéissant à des lois que tu ignores, est une merde ?”
“Certaines nostalgies remontent à la surface sans prévenir. Les êtres changent de nature, comme dans les contes.”
“Je ne regrette que des temps et des lieux ignorés, je suis capable des plus violentes nostalgies pour des espaces où je ne suis allée.”
“Il n'y a de satisfaction que dans l'espoir. Et voilà que ma géniture se destine à une prospérité étale à base de non-ambition et d'émerveillements tous azimuts.”
“Je suis félicité par les vendeuses pour ma patience, et mon intérêt. En revanche mon opinion n'a d'effet qu'unilatéralement. Marie-Claude n'achètera pas ce que je n'aime pas, mais elle n'achète pas ce que j'aime.”
“C'est une illusion de croire que l'admiration puisse avoir un prolongement affectif.”
“Pourquoi suis-je attachée à ce livre et pas elle ? Parce que moi je connais sa valeur dans le temps. Je connais l'extension du livre. Le livre est passé et avenir. (...) Le livre est déjà cruel, il est déjà perte, déjà il raconte un monde envolé. Chaque jour il me blessera davantage. Chaque jour, il me dira que nous ne sommes plus.”
“Tu as dit modernissime, comme si moderne était le nec plus ultra du compliment. Comme si parlant d'une chose, on ne pouvait pas dire plus haut, plus définitivement haut que moderne.”
“L'écriture n'est pas une fin en soi, elle est la nostalgie d'un ravissement.”
“Quarante-neuf ans. Tu trouves que c'est un âge pour développer des ambitions d'épanouissement, passion amoureuse et autres imbécillités ?”
“Alta sourit de joie, de toutes ses dents ou plutôt de toutes ses " non-dents ". Car c'est sur ce sujet que je veux écrire : le sourire fabuleux, bouleversant de l'édentée. (...) Il y a dans ce sourire si éphémère, si court dans le temps, une telle fragilité, une si grande indifférence à la séduction, une telle offrande de soi dans sa misère, dans son inaccomplissement, une telle grâce en somme. Rien ne dit autant le peu, le reste, le fugitif que l'éclat déraisonnable de cette couronne chaotique.”
“Les poètes n'ont pas le sens du temps. Ces gens vous attirent dans des mélancolies inutiles.”
“Il n'y a de satisfaction que dans l'espoir. Et voilà que ma géniture se destine à une prospérité étale à base de non-ambition et d'émerveillements tous azimuts.”
“Les femmes ne prennent pas un amant. Elles s'entichent, elles se font un cinéma. Elles deviennent complètement folles.”
“Il n'y a de satisfaction que dans l'espoir. Et voilà que ma géniture se destine à une prospérité étale à base de non-ambition et d'émerveillements tous azimuts.”
“Je crois au dieu du carnage. C'est le seul qui gouverne, sans partage, depuis la nuit des temps”
“Alta sourit de joie, de toutes ses dents ou plutôt de toutes ses " non-dents ". Car c'est sur ce sujet que je veux écrire : le sourire fabuleux, bouleversant de l'édentée. (...) Il y a dans ce sourire si éphémère, si court dans le temps, une telle fragilité, une si grande indifférence à la séduction, une telle offrande de soi dans sa misère, dans son inaccomplissement, une telle grâce en somme. Rien ne dit autant le peu, le reste, le fugitif que l'éclat déraisonnable de cette couronne chaotique.”