Citations Vladimir Nabokov

Vladimir Nabokov (1899-1977) est un écrivain russo-américain né à Saint-Pétersbourg dans une famille aristocratique. Exilé après la révolution bolchevique, il vécut en Europe puis aux États-Unis où il enseigna la littérature. Son style se caractérise par une prose virtuose, un multilinguisme (russe, anglais, français), un goût pour les jeux de mots complexes et une fascination pour les motifs récurrents. Nabokov considérait la littérature comme un art de l'illusion et du détail, où la forme prime souvent sur le fond.

Style & Philosophie

Nabokov rejetait les étiquettes littéraires mais son œuvre s'inscrit dans le modernisme avec des touches postmodernes. Techniques caractéristiques : narration non linéaire, narrateurs peu fiables, métalepses, anagrammes, motifs papillonnaires. Philosophiquement, il explorait la mémoire, l'exil, l'artifice versus la réalité, et défendait l'idée d'une littérature pure, dégagée de tout message politique ou moral.

Le saviez-vous ?

Nabokov était un lépidoptériste passionné et découvrit plusieurs espèces de papillons
Il écrivait ses romans sur des fiches cartonnées qu'il réorganisait constamment
Il détestait Freud et parodiait souvent la psychanalyse dans ses œuvres
Son roman 'Feu pâle' est structuré comme un poème de 999 vers avec commentaire savant
Il traduisit lui-même 'Lolita' en russe, y ajoutant des passages inédits

Chronologie

 
1899 : Naissance à Saint-Pétersbourg
 
1919 : Exil familial après la révolution
 
1923-1937 : Période berlinoise, écriture en russe
 
1940 : Émigration aux États-Unis
 
1955 : Publication de 'Lolita'
 
1961 : Installation en Suisse
 
1977 : Décès à Montreux

Œuvres Principales

  • La Défense Loujine (1930)
  • Le Don (1937-1938)
  • Lolita (1955)
  • Feu pâle (1962)
  • Ada ou l'Ardeur (1969)
  • Parle, souvenir (mémoires, 1951)

Auteurs Associés

James Joyce (expérimentation linguistique) Jorge Luis Borges (jeux métatextuels) Milan Kundera (exil et réflexion sur le roman) Italo Calvino (littérature comme jeu combinatoire) John Barth (postmodernisme ludique) Brian Boyd (son biographe officiel)
  • “Des platitudes élevées apparaissent souvent dans la bouche d'hommes d'affaires emportés par leur enthousiasme et personne ne prend la peine de les détromper.”

  • “Science et connaissance, art et anticipation - les deux couples qui se cachent bien des choses, mais quand ils se comprennent rien au monde ne les surpasse.”

  • “Avant d'aller en Allemagne, Roudine avait étudié à l'université de Moscou. Un de ses amis nous parle ainsi de leur jeunesse : " Une demi-douzaine de jeunes gens, une seule et unique chandelle de suif [...], le thé le meilleur marché, de vieux biscuits secs [...], mais nos regards flamboient, nos joues sont empourprées, notre cœur bat [...] et nous parlons de Dieu, de la Vérité, de l'Avenir et l'Humanité, de la Poésie – nous disons parfois des sottises, mais qu'importe ! "”

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  • “A la tasse de thé qu'elle lui versa elle ajouta une touche délicate d'intimité ; dans les récits fortement détaillés de ses diverses indispositions elle réussit à infuser tant de romantisme qu'il put à peine résister à la tentation de lui demander quelque chose de grossier.”

  • “La bourgeoisie, pour Flaubert, est un état d'esprit, pas un état de finances. Dans une célèbre scène de notre livre, où l'on voit une vieille femme, qui a travaillé dur toute sa vie, recevoir une médaille, pour avoir trimé comme une esclave pour son fermier-patron, sous le regard béat d'un aéropage de bourgeois épanouis, faites-y bien attention, il y a philistinisme des deux côtés, politiciens épanouis et vieille paysanne superstitieuse sont également bourgeois au sens flaubertien du terme.”

  • “L'imagination sans la connaissance ne conduit pas plus loin que l'arrière-cour de l'art primitif, le gribouillis de l'enfant sur le mur ou le message du débile sur la place du marché. L'art n'est jamais simple.”

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  • “Je vis ses yeux profonds, fixes et adamantins sous les arcades impétueuses de ses sourcils. Sur les nervures de ses ailes déployées étincelait une sorte de givre ; les ailes étaient grises, d'un gris d'une nuance indescriptible, et chaque plume se terminait par un croissant argenté. Son visage, l'ébauche de ses lèvres qui esquissaient un sourire, de son front droit et pur, me rappelaient des traits que j'avais vus sur terre.”

  • “Je vis ses yeux profonds, fixes et adamantins sous les arcades impétueuses de ses sourcils. Sur les nervures de ses ailes déployées étincelait une sorte de givre ; les ailes étaient grises, d'un gris d'une nuance indescriptible, et chaque plume se terminait par un croissant argenté. Son visage, l'ébauche de ses lèvres qui esquissaient un sourire, de son front droit et pur, me rappelaient des traits que j'avais vus sur terre.”

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  • “Avant d'aller en Allemagne, Roudine avait étudié à l'université de Moscou. Un de ses amis nous parle ainsi de leur jeunesse : " Une demi-douzaine de jeunes gens, une seule et unique chandelle de suif [...], le thé le meilleur marché, de vieux biscuits secs [...], mais nos regards flamboient, nos joues sont empourprées, notre cœur bat [...] et nous parlons de Dieu, de la Vérité, de l'Avenir et l'Humanité, de la Poésie – nous disons parfois des sottises, mais qu'importe ! "”