“Pourquoi mépriserait-on la passion pour le sport alors même qu’on encense celle pour l’art, la philosophie ou la science ?”
Jean Dion (1959-2022) était un journaliste, chroniqueur et essayiste québécois reconnu pour sa plume acérée et son regard critique sur la société. Après des études en philosophie et en communication, il a principalement œuvré au journal Le Devoir où ses chroniques dominicales sont devenues incontournables pendant près de trois décennies. Son style se caractérisait par un mélange d'érudition accessible, d'ironie mordante et d'un humanisme profond. Il abordait des sujets variés - politique, culture, société - avec une capacité rare à lier l'actualité aux grandes questions philosophiques, toujours dans une langue précise et élégante qui évitait autant le jargon que la simplification excessive.
Dion appartenait à la tradition des essayistes humanistes et sceptiques, influencé par la pensée de Montaigne et des moralistes français. Sa philosophie se nourrissait d'un libéralisme classique teinté de préoccupations sociales, avec une méfiance constante envers les dogmes et les idéologies totalisantes. Techniquement, il maîtrisait l'art de la chronique comme forme littéraire : entrées en matière percutantes, structure rigoureuse malgré un apparent désordre, usage calculé de l'anecdote comme point de départ vers la réflexion générale, et formules frappantes qui résumaient sa pensée. Son écriture était un exercice constant d'équilibre entre analyse rationnelle et expression d'une sensibilité personnelle.
Jean Dion était un pianiste amateur accompli et comparait souvent l'écriture d'une chronique à la composition musicale
Il refusait systématiquement toute invitation à la télévision, estimant que le format nuisait à la complexité de la pensée
Pendant 20 ans, il a écrit toutes ses chroniques à la main sur des cahiers d'écolier avant de les taper à la machine
Il entretenait une correspondance suivie avec plusieurs lecteurs ordinaires, répondant personnellement à chaque courrier
Son pseudonyme occasionnel 'Monsieur Z' servait pour des textes plus expérimentaux ou satiriques
“Pourquoi mépriserait-on la passion pour le sport alors même qu’on encense celle pour l’art, la philosophie ou la science ?”
“L'empathie est une vertu publique obligée alors que l'indifférence est un vice privé.”
“Les apparences, on ne le sait que trop, ont cette faculté d'être aussi trompeuses qu'un politicien en campagne électorale.”
“L'avènement du cyberespace a eu pour principale conséquence d'abaisser le seuil de patience de l'humain postmoderne à un dixième de seconde.”
“Le doute agace prodigieusement. Le monde aime mieux des moitiés de certitudes et croire à n'importe quoi.”
“Le dimanche soir, l'un des pires moments que l'on puisse imaginer : encore en congé mais déjà au travail, toute la force du capitalisme à l'œuvre.”
“Pourquoi mépriserait-on la passion pour le sport alors même qu'on encense celle pour l'art, la philosophie ou la science ?”
“La société des loisirs est coincée entre une moitié de gens qui se plaignent de trop travailler et une autre moitié qui se plaignent de ne pas travailler assez.”
“La santé ressemble de plus en plus au sport : On en parle tous les jours aux nouvelles même s'il n'y a rien de particulièrement intéressant à raconter.”
“Les apparences, on ne le sait que trop, ont cette faculté d'être aussi trompeuses qu'un politicien en campagne électorale.”
“S'il est vrai qu'il est plus facile pour un chameau de passer à travers le chas d'une aiguille que pour un riche d'entrer au Royaume des cieux, un constat s'impose : il n'y a pas de sport professionnel au paradis.”
“Les grandes douleurs sont muettes, les petites colères sont une source incomparable de solidarité.”
“Le sport, c'est aussi le hooliganisme, des énergies considérables canalisées dans la bêtise.”
“Le temps est notre prison. Il peut aussi être notre piste de décollage.”
“La santé ressemble de plus en plus au sport : On en parle tous les jours aux nouvelles même s'il n'y a rien de particulièrement intéressant à raconter.”
“Comme autrefois le diable, comme aujourd'hui la société, ce n'est jamais notre faute, le coupable est toujours ailleurs, hors de soi. Et très puissant.”
“S'il est vrai qu'il est plus facile pour un chameau de passer à travers le chas d'une aiguille que pour un riche d'entrer au Royaume des cieux, un constat s'impose : il n'y a pas de sport professionnel au paradis.”
“L'histoire, à l'instar de bien d'autres choses que nous nous abstiendrons de nommer pour éviter des poursuites en diffamation, est toujours plus belle de loin.”
“La pub peut tuer. C'est d'ailleurs l'un de ses objectifs : tuer le citoyen responsable, annihiler ses mécanismes de défense, le convaincre que le sens vient de l'objet, qu'il n'en a pas assez, qu'il n'en aura jamais assez.”
“La politique est l'art d'oublier que la véritable sincérité ne consiste pas à dire tout ce que l'on pense, mais à penser tout ce que l'on dit.”