“Quelle vraisemblance que l'organe de la connaissance puisse faire sa propre critique.”
Friedrich Nietzsche (1844-1900) est un philosophe, philologue et poète allemand dont la pensée radicale a profondément marqué la philosophie contemporaine. Issu d'une famille pastorale, il devient professeur de philologie à 24 ans avant de démissionner pour raisons de santé. Son style littéraire est caractérisé par une écriture aphoristique, poétique et souvent polémique, mêlant réflexions philosophiques, métaphores provocantes et fragments lyriques. Contrairement aux systèmes philosophiques traditionnels, Nietzsche privilégie une pensée en fragments qui invite à une lecture active et interprétative.
Nietzsche appartient au courant de la philosophie continentale et est considéré comme un précurseur de l'existentialisme et du postmodernisme. Ses techniques incluent : la généalogie (analyse historique des concepts moraux), la déconstruction des valeurs traditionnelles, l'usage de paradoxes, et la création de concepts novateurs comme le 'Surhomme', 'la Volonté de puissance' et 'l'Éternel Retour'. Sa méthode combine critique historique, perspectivisme et une approche psychologique des phénomènes culturels.
Nietzsche a composé de la musique et considérait Richard Wagner comme son ami avant leur rupture philosophique
Il a écrit la majeure partie de son œuvre en seulement 10 ans, entre 1878 et 1888
Sa sœur Elisabeth a falsifié certains de ses textes pour les rendre compatibles avec l'idéologie nazie
Il a inventé le terme 'nihilisme' pour décrire la crise des valeurs européennes
Pendant sa folie, il signait ses lettres 'Dionysos' ou 'Le Crucifié'
“Quelle vraisemblance que l'organe de la connaissance puisse faire sa propre critique.”
“La volonté de surmonter un penchant n'est, en définitive, que la volonté d'un autre ou de plusieurs autres penchants.”
“Les gens qui nous donnent leur pleine confiance croient par là avoir un droit sur la nôtre. C'est une erreur de raisonnement ; des dons ne sauraient donner un droit.”
“Plus l'esprit devient joyeux et sûr de lui-même, plus l'homme désapprend le rire bruyant ; en revanche il est pris sans cesse d'un sourire plus intellectuel, signe de son étonnement devant les innombrables charmes cachés de cette bonne existence.”
“Dans toute morale ascétique, l'homme adore une part de soi-même sous les espèces de Dieu, et il a besoin pour cela de changer en diable la part qui reste...”
“La vie a besoin d'illusions, c'est-à-dire de non-vérités tenues pour des vérités.”
“Les grandes époques de notre vie sont celles où nous avons le courage de considérer ce qui est méchant en nous comme ce que nous avons de meilleur.”
“Les poètes n'ont pas la pudeur de ce qu'ils vivent : ils l'exploitent.”
“Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont.”
“C'est perdre de sa force que compatir.”
“Beaucoup de courtes folies, - c'est ce qui, chez nous, se nomme amour. Et votre mariage finit beaucoup de courtes folies, en une longue bêtise.”
“Aux égaux, égalité, aux inégaux, inégalité tel devrait être le vrai langage de toute justice ; et, ce qui s'ensuit nécessairement, ce serait de ne jamais égaliser des inégalités.”
“La volonté est, pour tout ce qui est passé, un méchant spectateur.”
“La connaissance est pour l'humanité un magnifique moyen de s'anéantir elle-même.”
“Ce que je préférerais, c'est d'aimer la terre comme l'aime la lune et de n'effleurer sa beauté que des yeux.”
“Il y a de la sagesse dans le fait que beaucoup de choses dans le monde sentent mauvais : le dégoût lui-même donne des ailes et des forces pour deviner les sources.”
“Aujourd'hui, un homme qui cherche la connaissance pourrait facilement se croire un dieu devenant animal.”
“Admettons que nous voulions la vérité; - pourquoi pas plutôt le non-vrai ou l'incertitude? et même l'ignorance?”
“Il faut connaître non seulement la marche hardie, légère, délicate et rapide de ses propres pensées, mais avant tout la disposition aux grandes responsabilités, la hauteur et la profondeur du regard impérieux, le sentiment d'être séparé de la foule, des devoirs et des vertus de la foule, la protection et la défense bienveillante de ce qui est mal compris et calomnié, que ce soit Dieu ou le diable ; le penchant et l'habileté à la suprême justice, l'art du commandement, l'ampleur de la volonté, la lenteur du regard qui rarement admire, rarement se lève et aime rarement...”
“Notre caractère est déterminé par l'absence de certaines expériences plus encore que par celles que l'on fait.”