“Ciel n. Endroit où les méchants cessent de vous assommer avec la bavardage de leurs affaires personnelles, et où les gentils écoutent avec attention tandis que vous exposez les vôtres. Ciel”
Ambrose Bierce (1842-1914) est un écrivain, journaliste et satiriste américain, célèbre pour son style acerbe, son humour noir et son pessimisme. Vétéran de la Guerre de Sécession, cette expérience traumatisante marqua profondément son œuvre, notamment dans ses récits de guerre réalistes et sombres. Son style se caractérise par une prose concise, des fins abruptes et une ironie mordante, souvent au service d'une vision cynique de la nature humaine et de la société. Il disparut mystérieusement en 1914 lors d'un voyage au Mexique, ajoutant une aura de légende à sa personne.
Courant : Réalisme cynique, humour noir, satire sociale. Techniques : Ironie corrosive, antithèses, aphorismes, chutes brutales, narration économique, dialogues incisifs. Philosophie : Pessimisme humaniste, scepticisme envers le progrès, critique des institutions et des conventions sociales, fascination pour l'absurde et la mort.
Il définissait lui-même son métier comme 'journaliste satirique' et signait souvent 'Bitter Bierce'.
Son 'Devil's Dictionary' propose des définitions cyniques, comme 'Avocat : personne habile à contourner la loi'.
Il disparut en tentant de rejoindre les troupes de Pancho Villa, et son corps ne fut jamais retrouvé.
Il était un maître de la nouvelle courte, influençant des auteurs comme H.P. Lovecraft et Jorge Luis Borges.
Il détestait le terme 'humoriste', lui préférant celui de 'satiriste'.
“Ciel n. Endroit où les méchants cessent de vous assommer avec la bavardage de leurs affaires personnelles, et où les gentils écoutent avec attention tandis que vous exposez les vôtres. Ciel”
“Destinée. Justification du tyran pour ses crimes, excuse de l'imbécile pour ses échecs.”
“Clarinette. Instrument de torture utilisé par une personne qui a du coton dans les oreilles. Il y a deux instruments qui sont pires qu'une clarinette - deux clarinettes.”
“Réflexion : Démarche de l'esprit à travers laquelle nous percevons avec clarté notre relation avec les événements du passé, et qui nous rend capable d'éviter à l'avenir les périls que nous ne rencontrerons plus.”
“Révérence n. Attitude sacrée d'un homme envers un dieu, d'un chien envers un homme. Révérence”
“Fidélité n. Vertu particulière de ceux qui ne sont pas loin d'être trompés. Fidélité”
“Panthéisme n. Doctrine selon laquelle tout est Dieu, en contradiction formelle avec celle selon laquelle Dieu est tout. Panthéisme”
“Reconsidérer. Chercher une justification pour une décision déjà prise.”
“Vin : jus de raisin fermenté connu de l'association des femmes chrétiennes sous le nom de "boisson" et quelquefois de "rhum".”
“Réalisme. Art de dépeindre la nature telle qu'elle est vue par les crapauds. Charme qui ressort d'un paysage peint par une taupe, ou d'une histoire écrite par un asticot.”
“Patience. Forme mineure de désespoir, déguisée en vertu.”
“Dictateur. Chef d'une nation qui préfère la pestilence du despotisme à la plaie de l'anarchie.”
“Politesse : Forme la plus acceptable de l'hypocrisie.”
“Tu n'embrasseras pas la femme de ton voisin, sauf si la tienne a succombé à ses caresses.”
“La persévérance est une vertu obscure qui permet la médiocrité d'obtenir un succès sans gloire.”
“Frontières. En géographie politique, ligne imaginaire entre deux nations, séparant les droits imaginaires de l'une des droits imaginaires de l'autre.”
“Connaissance : se dit d'une personne que vous connaissez assez pour lui emprunter de l'argent, mais pas suffisamment pour lui en prêter. Un degré d'amitié appelé vague si le sous-jacent est pauvre ou inconnu, et intime s'il est riche ou célèbre.”
“Alliance n. En politique internationale, union de deux voleurs qui ont leurs mains si profondément enfoncées dans les poches l'un de l'autre qu'il leur est difficile de s'en prendre séparément à un troisième. Alliance”
“Miroir. Surface vitreuse sur laquelle est reflétée une image fugitive pour la grande désillusion de l'homme.”
“Loquacité. Affection qui redouble chez le malade incapable de refréner sa langue quand vous souhaitez prendre la parole.”