“Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère de prochain d'ami de société que moi-même. Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit par un accord unanime. Ils ont cherché dans les raffinements de leur haine quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible, et ils ont brisé violemment tous les liens qui m'attachaient à eux. J'aurais aimé les hommes en dépit d'eux-mêmes. Ils n'ont pu qu'en cessant de l'être se dérober à mon affection. Les voilà donc étrangers, inconnus, nuls enfin pour moi puisqu'ils l'ont voulu.”
“Il faut un certain courage, se dit-il, pour se regarder en face et se dire carrément : tu es un pourri. Tu as agi comme un salaud et tu recommenceras. Ce n'était pas un accident, c'était l'émanation authentique de ta personnalité.”
“Je suis Ubik. Avant que l'univers soit, je suis. J'ai fait les soleils. J'ai fait les mondes. J'ai créé les êtres vivants et les lieux qu'ils habitent ; je les y ai transportés, je les y ai placés. Ils vont où je veux, ils font ce que je dis. Je suis le mot et mon nom n'est jamais prononcé, le nom qui n'est connu de personne. Je suis appelé Ubik, mais ce n'est pas mon nom. Je suis. Je serai toujours.”