Ce n'est pas le marteau qui a rendu ces pierres si parfaites, mais l'eau, avec sa douceur, sa danse et sa chanson. Là où la dureté ne fait que détruire, la douceur parvient à sculpter.
Elle n'est pas comme les autres. Elle détonne parmi les fidèles, ces gens tranquilles, sans éclat, ces gens qu'on ne remarque pas, qu'on ne voit pas.. Elle crie au milieu des muets. Elle danse parmi les gisants.
Ma mère, prévisible jusqu'au moindre de ses mots, la plus légère intonation, ma mère et son odieuse inquiétude pour "sa grande fille", ma mère dont le regard me renvoie si bien l'image de mes ratages et de ma solitude.
Elle ne le lui dit pas, mais maintenant elle le sait : même les choses tristes, il y a une façon de se les rappeler qui rend heureux. Quand bien même elle ne serait revenue ici que pour apprendre ça, elle n'aurait pas fait le voyage en vain.
On ne peut pas vivre de l'autre côté du miroir. Mais si, par hasard, on a aperçu ce qui s'y passait, peut-être perd-on à jamais le goût du réel. Ce n'était qu'un déplacement de quelques degrés, mais il a pour toujours modifié notre vision des choses.