“Il y a des parents qui veulent, à tout prix, maintenir le prestige de l'autorité et qui ne réussissent qu'à installer, dans leur foyer, le spectre hideux de la tyrannie. Ils font, de leurs enfants, des esclaves ou de sauvages petits rebelles.”
Tristan Bernard (1866-1947), de son vrai nom Paul Bernard, est un écrivain, dramaturge et journaliste français. Issu d'une famille bourgeoise, il abandonne une carrière d'avocat pour se consacrer à l'écriture. Son style se caractérise par un humour fin, ironique et souvent absurde, mêlant légèreté apparente et profondeur psychologique. Il excelle dans l'art de la formule brève et du paradoxe, avec un sens aigu de l'observation sociale. Bien que souvent associé au théâtre de boulevard, son œuvre révèle une subtile critique des mœurs bourgeoises de la Belle Époque et de l'entre-deux-guerres.
Courant : Humoriste littéraire proche de l'esprit fin de siècle, influencé par le vaudeville et le théâtre de boulevard tout en développant une forme d'absurde précurseur. Techniques : Utilisation systématique du calembour, du paradoxe et de l'antiphrase ; dialogues vifs et concis ; structures narratives basées sur des quiproquos sophistiqués ; observation satirique des comportements sociaux. Philosophie : Un scepticisme bienveillant envers les conventions sociales, célébrant l'ironie comme forme de lucidité.
Il a inventé le terme 'tennis' en français pour désigner ce sport
Prisonnier à Drancy pendant l'Occupation, il aurait déclaré : 'Jusqu'ici, nous étions logés gratuitement, mais maintenant il faut payer'
Son fils Jean-Jacques Bernard fut un dramaturge renommé du mouvement 'silencieux'
Il fut président du club de natation des 'Pingouins' qu'il avait fondé
Ses aphorismes sont encore régulièrement cités, comme 'Dieu est un comique jouant devant un public trop effrayé pour rire'
“Il y a des parents qui veulent, à tout prix, maintenir le prestige de l'autorité et qui ne réussissent qu'à installer, dans leur foyer, le spectre hideux de la tyrannie. Ils font, de leurs enfants, des esclaves ou de sauvages petits rebelles.”
“Il ne faut pas trop toucher d'avance sur sa gloire. Il vaut mieux avoir un compte en retard.”
“Je crois à la chance. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour justifier la réussite des gens que je n'aime pas.”
“Rien ne ressemble plus à un innocent qu'un coupable qui ne risque rien.”
“Nous vivions jusqu'ici dans la crainte. Nous allons vivre dans l'espoir...”
“Pour être heureux avec les êtres, il ne faut leur demander que ce qu'ils peuvent donner.”
“Le fait d'avoir un chapeau sur la tête vous confère une indéniable autorité sur ceux qui n'en ont pas.”
“Il y a beaucoup d'hommes, quoi qu'on en dise, qui ne se vantent pas de leurs victoires, mais toutes les femmes racontent leurs défaites.”
“Sous prétexte qu'ils ont l'avenir devant eux, les hommes vivent au jour le jour.”
“L'homme n'est pas fait pour le travail et la preuve, c'est que ça le fatigue.”
“Personne dans un théâtre n'a moins d'importance que l'auteur de la pièce.”
“La coutume des voyages de noces a ce grand avantage qu'à des jeunes gens qui souvent se connaissent peu, la variété du décor et les divers incidents de la route fournissent tout naturellement des sujets d'entretien.”
“La question n'est pas de travailler, c'est de faire croire aux autres qu'on travaille.”
“La principale qualité de l'auteur à succès est un tact spécial pour mettre la main sur les sujets qui ne sont pas trop nouveaux sans être encore défraîchis.”
“L'homme n'est pas fait pour travailler, et la preuve c'est que cela le fatigue.”
“L'Allemand n'arrive pas à comprendre ce que Napoléon plus intelligent pourtant, saisissait à peine : à savoir que la victoire, très amusante pour le vainqueur, l'est infiniment moins pour le vaincu.”
“C'est un grave défaut d'être équitable quand votre tempérament vous oblige à travailler dans la satire.”
“Le vol est un travail comme un autre, et souvent plus difficile qu'un autre, sans même parler des risques.”
“L'arête est la vengeance du poisson et la gueule de bois, la colère des raisins.”
“Le malheur ne m'a pas changé, je ne hais que la haine.”