“C'est dans les prisons que l'idée de liberté prend le plus de force et peut-être ceux qui enferment les autres dedans risquent-ils de s'enfermer dehors.”
Jean Cocteau (1889-1963) fut un artiste français aux multiples facettes : poète, romancier, dramaturge, cinéaste, dessinateur et critique. Son style se caractérise par une élégance formelle alliée à une profonde exploration des thèmes de la mort, de l'amour, du rêve et de la mythologie personnelle. Il évolua dans l'orbite du surréalisme sans jamais y adhérer pleinement, développant une esthétique singulière où le merveilleux côtoie le quotidien. Son écriture, souvent qualifiée de 'poésie de cinéma', use d'images frappantes et de métaphores audacieuses, cherchant à révéler l'extraordinaire caché dans l'ordinaire.
Cocteau fut influencé par le symbolisme, le cubisme et le surréalisme, tout en conservant une indépendance artistique farouche. Sa philosophie créative reposait sur l'idée de 'poésie critique' et sur le concept d'''ange Heurtebise'' (médiateur entre les mondes). Techniques marquantes : l'usage du mythe réinterprété (Orphée, Œdipe), l'auto-réflexivité métatextuelle, le collage d'images poétiques, et dans son cinéma, l'emploi novateur de ralentis, d'arrêts sur image et de jeux de miroirs pour brouiller frontières entre réel et imaginaire.
Cocteau dessinait souvent en parlant au téléphone, laissant des centaines de crochets sur papier.
Il fut un temps le manager et l'ami très proche du boxeur panaméen Al Brown, qu'il aida à reconquérir son titre mondial.
Son film 'Le Testament d'Orphée' (1960) fut financé par François Truffaut avec les recettes des '400 Coups'.
Il créa des décors et costumes pour l'Opéra de Paris, et même des fresques murales dans des chapelles (Notre-Dame de France à Londres).
Surnommé 'le prince frivole' dans sa jeunesse, il devint une figure respectée, élu à l'Académie française au fauteuil de Jérôme Tharaud.
“C'est dans les prisons que l'idée de liberté prend le plus de force et peut-être ceux qui enferment les autres dedans risquent-ils de s'enfermer dehors.”
“Beaucoup d'hommes naissent aveugles, et ils ne s'en aperçoivent que le jour où une bonne vérité leur crève les yeux.”
“La poésie est au théâtre une dentelle délicate impossible à voir de loin.”
“Le bonheur d'un ami nous enchante, il nous ajoute, il n'ôte rien ; si l'amitié s'en offense, elle n'est pas.”
“Notre prison n'a que trois murs et c'est contre le quatrième que le prisonnier s'acharne, sur ce quatrième mur invisible qu'il écrit ses amours et ses rêves.”
“Le génie relève de la cour des miracles. La société le laisse vivre. Elle ne le prend pas au sérieux.”
“Si je préfère les chats aux chiens, c'est parce qu'il n'y a pas de chat policier.”
“J'aime vieillir. Je déteste la conception wildienne de la "jeunesse". Les boucles blondes, etc. L'âge apporte un calme, un équilibre, une altitude. L'amitié, le travail tiennent toute la place.”
“L'extrême limite de la sagesse, voilà ce que le public baptise folie.”
“Tu dis que tu aimes les fleurs et tu leur coupes la queue, tu dis que tu aimes les chiens et tu leur mets une laisse, tu dis que tu aimes les oiseaux et tu les mets en cage, tu dis que tu m'aimes alors moi j'ai peur.”
“L'horreur d'un accident qu'on découvre sur sa route provient de ce qu'il est de la vitesse immobile, un cri changé en silence (et non pas du silence après un cri).”
“L'avenir n'appartient à personne ; il n'y a pas de précurseurs, il n'existe que des retardataires.”
“Que la jeunesse avance par injustice, c'est justice. Car promptement arrive l'âge du recul.”
“A force de plaisirs notre bonheur s'abîme.”
“Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus avant de renvoyer les images.”
“La sagesse est d'être fou lorsque les circonstances en valent la peine.”
“Les miroirs sont les portes par lesquelles la Mort va et vient.”
“Un regard d'enfant enregistre vite. Plus tard, il développe l'épreuve.”
“La sagesse est d'être fou lorsque les circonstances en valent la peine.”
“Le chef d'œuvre n'est, après tout, qu'un numéro de chien savant sur une terre peu solide.”