“Il lui servit un verre pour le premier genou et un pour le deuxième, suivis d'un petit coup pour le dos et pour la nuque, et enfin une dernière tournée pour leur ouvrir l'appétit. Ce dernier verre acheva de briser la glace.”
L'appétit, dans la pensée occidentale, incarne une tension fondamentale entre nécessité biologique et désir métaphysique. Dès l'Antiquité, les philosophes grecs l'ont interrogé : Épicure y voyait un guide naturel vers le plaisir nécessaire, à distinguer des désirs vains, tandis que les stoïciens le considéraient comme une passion à dompter pour atteindre l'ataraxie. Au Moyen Âge, la tradition chrétienne en fait un symbole de la concupiscence et de la chute, mais aussi de l'aspiration à Dieu, comme l'illustre le 'J'ai faim et soif de justice' des Béatitudes. À l'ère moderne, Nietzsche renverse cette vision en célébrant l'appétit de vie (la 'volonté de puissance') comme force créatrice, tandis que la littérature, de Rabelais à Balzac, en explore les dimensions sociales, comiques et tragiques. Ainsi, l'appétit dépasse la simple faim physique pour devenir une métaphore du désir humain sous toutes ses formes : savoir, pouvoir, amour ou absolu.
“Il lui servit un verre pour le premier genou et un pour le deuxième, suivis d'un petit coup pour le dos et pour la nuque, et enfin une dernière tournée pour leur ouvrir l'appétit. Ce dernier verre acheva de briser la glace.”
“Le suffrage universel est stupide. Il n'a ni yeux, ni oreilles, ni odorat, ni même toucher. Il n'a qu'un ventre, que des appétits, que des besoins immédiats et sommaires.”
“Le souvenir de cette vitrine suscite encore chez moi une sorte de frémissement. Au retour du collège nous passions devant celle du pâtissier et devant celle du libraire avec des appétits équivalents pour moi du moins.”
“C'était la première fois qu'il usait de violence physique avec quelqu'un ; et ça lui avait donné faim. Il dîna avec grand appétit, d'une raclette à la viande des Grisons et au jambon de montagne, qu'il accompagna d'un excellent vin rouge du Valais.”
“Il est apparu en Afrique voici plusieurs millions d'années. Fragile et désarmé, il a su, par son intelligence et ses capacités, essaimer sur la planète entière et lui imposer sa loi. Le moment est venu pour l'humanité, dans la diversité de ses cultures et de ses civilisations, dont chacune a droit d'être respectée, le moment est venu de nouer avec la nature un lien nouveau, un lien de respect et d'harmonie, et donc d'apprendre à maîtriser la puissance et les appétits de l'homme.”
“La nature plante des bananes et, en toute bonté, les fait mûrir, quand soudain un autochtone arrive, tend la main et satisfait son appétit.”
“L'imagination est le goût. La raison est sans appétits : la vérité et la justesse lui suffisent.”
“Les pauvres ont faim et les riches ont de l'appétit.”
“L'homme fuit l'asphyxie. L'homme dont l'appétit hors de l'imagination se calfeutre sans finir de s'approvisionner, se délivrera par les mains, rivières soudainement grossies. L'homme qui s'épointe dans la prémonition, qui déboise son silence intérieur et le répartit en théâtres, ce second c'est le faiseur de pain. Aux uns la prison et la mort. Aux autres la transhumance du Verbe.”
“Le pauvre cherche la nourriture, le riche cherche l'appétit.”
“L'État c'est comme un bébé, un tube digestif avec un gros appétit à un bout et aucun sens des responsabilités à l'autre.”
“Les décrets de l'Âme ne sont rien d'autre que les appétits eux-mêmes et varient en conséquence selon les dispositions variables du Corps.”
“Les décors peuvent varier où l'âme de l'homme habite, mais l'âme est la même... ou si peu différente... C'est la pauvre âme humaine, avec ses appétits, ses intérêts, ses passions destructives... ses incohérences... ses crimes... oui !... mais avec la lourde fatalité de ses misères aussi...Et il faut la plaindre... plus qu'il ne convient de la haïr.”
“Le besoin sexuel est le plus violent de nos appétits : le désir de tous nos désirs.”
“L'amour c'est comme un appétit déréglé qu'on se sent pour un mets plutôt que pour un autre, sans en pouvoir rendre la raison.”
“La vanité repue est toujours un peu honteuse de son appétit.”
“Anselme espérait vivre assez vieux pour que sa nièce eût atteint l'âge canonique au-delà duquel tous les appétits en elle fussent morts et que sa fortune eût trouvé ainsi non pas une héritière mais une tombe.”
“Le plus doux miel devient fastidieux par sa suavité même, et détruit l'appétit par le goût : aime donc modérément : modéré est l'amour durable : la précipitation n'atteint pas le but plus tôt que la lenteur.”
“Il faut avoir l'appétit du pauvre pour jouir de la fortune du riche.”
“Epoustoufler : étonner sa femme par un regain inattendu d'appétit sexuel.”