“Si le diable pouvait, il dirait : Je suis celui qui ne suis pas.”
André Gide (1869-1951) est une figure majeure de la littérature française du XXe siècle, lauréat du prix Nobel en 1947. Issu d'une famille bourgeoise protestante, son œuvre explore la quête d'authenticité, la liberté individuelle et la complexité morale. Son style se caractérise par une prose limpide et classique, mais au service d'une pensée subversive qui remet en cause les conventions sociales et religieuses. Gide pratique l'« oscillation » entre engagement et retrait, classicisme et modernité, faisant de la contradiction un principe créateur.
Courant : Modernisme littéraire, précurseur de l'existentialisme et influence sur le Nouveau Roman. Techniques : Usage du journal intime (Les Cahiers d'André Walter), du récit à la première personne, de la mise en abyme (dans Les Faux-Monnayeurs) et du dialogue socratique. Philosophie : Apologie de l'acte gratuit, refus des dogmes (religieux, moraux, politiques), éloge de la disponibilité (« disponibilité » gidienne) et exploration de l'homosexualité comme thème littéraire.
Gide a failli brûler le manuscrit des Nourritures terrestres, considéré aujourd'hui comme un chef-d'œuvre.
Il a entretenu une relation épistolaire de 40 ans avec l'écrivain catholique Paul Claudel, qui tentait de le convertir.
Son mariage blanc avec sa cousine Madeleine Rondeaux a inspiré son œuvre Et nunc manet in te.
Il a adopté sa maîtresse Catherine, fille de sa compagne Elisabeth van Rysselberghe.
Ses cendres ont été dispersées dans la Méditerranée, conformément à ses dernières volontés.
“Si le diable pouvait, il dirait : Je suis celui qui ne suis pas.”
“Je ne puis admirer pleinement le courage de celui qui méprise la vie.”
“Toutes les opinions intéressées me sont suspectes. J'aime pouvoir penser librement et commence à craindre d'être refait dès qu'il me revient quelque avantage de l'opinion que je professe. C'est comme si j'acceptais un pot-de-vin.”
“Les lois et les censures compromettent la liberté de pensée bien moins que ne le fait la peur. Toute divergence d'opinion devient suspecte et seuls quelques très rares esprits ne se forcent pas à penser et juger "comme il faut".”
“Redressez-vous donc, fronts courbés ! Regards inclinés vers les tombes, relevez-vous ! Levez-vous non vers le ciel creux, mais vers l'horizon de la terre.”
“Manuel du mufle: enseigne aux autres la bonté. Tu peux avoir besoin de leurs services.”
“Ah ! que la vie serait belle et notre misère supportable, si nous nous contentions des maux réels sans prêter l'oreille aux fantômes et aux monstres de notre esprit...”
“Il y a sur terre de telles immensités de misère, de détresse, de gêne et d'horreur, que l'homme heureux n'y peut songer sans prendre honte de son bonheur.”
“Les bons travailleurs ont toujours le sentiment qu'ils pourraient travailler davantage.”
“Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de l'imaginaire.”
“On cesse de s'étonner devant un miracle constant.”
“Il est bien peu de monstres qui méritent la peur que nous en avons.”
“La joie en moi, l'emporte toujours ; c'est pourquoi mes arrivées sont plus sincères que mes départs.”
“Les bons travailleurs ont toujours le sentiment qu'ils pourraient travailler davantage.”
“L'âme heureuse, par l'irradiation de l'amour, propage le bonheur autour d'elle.”
“Plutôt encore que le plaisir, c'est le repos qui le suit que je cherche; le clair regard désintéressé que cette satisfaction de la chair permet de porter sur le monde, et cette tranquillisation de tout l'être.”
“La vie d'un homme est son image. À l'heure de mourir, nous nous refléterons dans le passé, et, penchés sur le miroir de nos actes, nos âmes reconnaîtront ce que nous sommes.”
“Il faut en prendre son parti: plutôt que de demeurer renfrogné, consentir à débiter quelques banalités, quelques bêtises. Et puis cela met l'autre à son aise.”
“À lire Valéry on acquiert cette sagesse de se sentir un peu plus sot qu'avant.”
“Quand vous m'avez donné la vue, mes yeux se sont ouverts sur un monde plus beau que je n'avais révé qu'il pût être ; oui vraiment, je n'imaginais pas le jour si clair, l'air si brillant, le ciel si vaste.”