“Tout écrivain, symboliquement, extermine son lecteur, afin de mieux lui offrir son oeuvre achevée.”
Morgan Sportès (né en 1947 à Alger) est un écrivain français dont l'œuvre est profondément marquée par son enfance en Algérie et son engagement politique. Après des études de philosophie, il devient journaliste et correspondant de guerre, expériences qui nourrissent son écriture. Son style se caractérise par une prose dense, nerveuse et cinématographique, mêlant souvent intrigue politique, violence historique et destins individuels brisés. Il explore les zones d'ombre de l'histoire contemporaine, des guerres coloniales aux coulisses du pouvoir, avec un sens aigu de la tension narrative et une recherche constante de vérité humaine au cœur des conflits.
Sportès appartient à un courant de littérature engagée et historique, proche du roman d'enquête et du thriller politique. Sa philosophie est celle d'un témoin critique des grands bouleversements du XXe siècle, interrogeant la violence d'État, la mémoire coloniale et la manipulation idéologique. Techniquement, il utilise un montage serré de scènes courtes, des dialogues percutants, une documentation rigoureuse transformée en matière romanesque, et une focalisation souvent externe qui crée une distance froide et efficace pour décrire la brutalité des événements.
Son vrai nom est Morgan Sportès-Needham ; il a choisi de ne garder que la partie 'Sportès' pour signer ses livres.
Il a été correspondant de guerre au Liban et en Yougoslavie, expériences qui ont directement inspiré plusieurs de ses romans.
Avant de se consacrer entièrement à l'écriture, il a été rédacteur en chef adjoint du magazine 'Le Nouvel Observateur'.
Son roman 'Maos' a failli recevoir le prix Goncourt en 1993, mais a finalement été devancé par 'Le Rocher de Tanios' d'Amin Maalouf.
Il est un passionné de cinéma et a écrit plusieurs scénarios, adaptant parfois ses propres romans pour l'écran.
“Tout écrivain, symboliquement, extermine son lecteur, afin de mieux lui offrir son oeuvre achevée.”
“N'est ce pas dans le langage même que les plus violentes, les plus sanglantes batailles se livrent, entre les forces de Vie et de Mort ?”
“Une chose ne vaut que par la manière dont on la voit, aussi la voit-on à travers la valeur qu'on lui donne.”
“Ecrire pour moi, m'enfoncer dans ce qu'on appelle l'imaginaire, n'était-ce pas une façon de renverser un monde renversé, celui de l'enfant confondu à sa génitrice : pour retrouver, par la fiction, le réel ?”
“C'est là une des contradictions de la littérature, qu'il y a un temps pour vivre, et un temps pour écrire, et que, dans le temps où l'on écrit, on n'a guère celui de vivre.”
“L'argent ne vaut que par ce qu'on peut acheter.”
“Il n'est pas de limite, de frontière, de garde-fou que l'on puisse imposer au temps.”
“L'argent donne moins de valeur aux choses qu'elle ne lui en confèrent.”
“Autrui, obstacle à la création, est le paradoxal destinataire de l'art.”
“L'art est un holocauste : où c'est l'humanité entière qu'on voudrait détruire, pour le bien même de l'homme.”
“L'argent ne vaut que par ce qu'on peut acheter.”
“L'argent donne moins de valeur aux choses qu'elle ne lui en confèrent.”
“Parler c'est comme baiser. C'est obscène et beau.”
“L'écrivain est un maître. Pour l'oeuvre, il a choisi de TOUT risquer. D'où la haine des esclaves : ceux qui, à l'Ïuvre, ont renoncé. Ils sont passés à côté des choses, c'est-à-dire de la mort.”