Citations Jean-Jacques Rousseau - page 9

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) est un écrivain, philosophe et musicien genevois d'expression française, l'une des figures majeures du siècle des Lumières. Orphelin de mère et abandonné par son père, il connaît une jeunesse instable avant de s'installer à Paris. Son style littéraire se caractérise par une prose à la fois passionnée et rigoureuse, mêlant l'analyse philosophique à l'expression des sentiments intimes. Il développe une écriture autobiographique novatrice dans 'Les Confessions', où il explore avec une franchise sans précédent sa subjectivité et ses contradictions.

Style & Philosophie

Rousseau appartient au courant des Lumières mais s'en distingue par sa critique radicale du progrès et de la civilisation. Sa philosophie repose sur plusieurs concepts clés : l'état de nature (l'homme naturellement bon), le contrat social (fondement légitime de l'autorité politique), et l'éducation naturelle. Il utilise des techniques argumentatives variées : le discours philosophique ('Discours sur l'origine de l'inégalité'), le traité politique ('Du Contrat social'), le roman pédagogique ('Émile'), et l'autobiographie introspective.

Le saviez-vous ?

Rousseau a inventé un système de notation musicale numérique qui fut rejeté par l'Académie des Sciences
Il a abandonné ses cinq enfants à l'Hôpital des Enfants-Trouvés, fait qu'il justifie dans 'Les Confessions'
Ses idées ont influencé directement la Révolution française ; Robespierre se proclamait son disciple
Il souffrait d'un trouble urinaire chronique qu'il appelait 'son infirmité'
Il a composé plusieurs opéras dont 'Le Devin du village', représenté devant Louis XV

Chronologie

 
1712 : Naissance à Genève
 
1728 : Fuite de Genève et conversion au catholicisme
 
1742 : Installation à Paris
 
1750 : Premier Discours ('Discours sur les sciences et les arts') couronné par l'Académie de Dijon
 
1755 : Publication du 'Discours sur l'origine de l'inégalité'
 
1761 : Parution de 'La Nouvelle Héloïse', roman épistolaire
 
1762 : Publication simultanée du 'Contrat social' et d''Émile' (condamnés et brûlés)
 
1762-1766 : Exil en Suisse, puis en Angleterre
 
1766-1770 : Rédaction des 'Confessions'
 
1778 : Mort à Ermenonville

Œuvres Principales

  • Discours sur les sciences et les arts (1750)
  • Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755)
  • Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761)
  • Du Contrat social (1762)
  • Émile ou De l'éducation (1762)
  • Les Confessions (publiées posthumes en 1782-1789)
  • Rêveries du promeneur solitaire (inachevé, publié en 1782)

Auteurs Associés

Denis Diderot (ami puis adversaire philosophique) Voltaire (grand contradicteur des Lumières) Montesquieu (autre théoricien politique) Johann Heinrich Pestalozzi (pédagogue influencé par Rousseau) Mary Wollstonecraft (féministe inspirée par ses idées sur l'éducation) Giacomo Casanova (contemporain et autre grand autobiographe)
  • “Il est donc au fond des âmes un principe inné de justice et de vertu, sur lequel, malgré nos propres maximes, nous jugeons nos actions et celles d'autrui comme bonnes ou mauvaises, et c'est à ce principe que je donne le nom de conscience.”

  • “L'habitude de rentrer en moi-même me fit perdre enfin le sentiment et presque le souvenir de mes maux, j'appris ainsi par ma propre expérience que la source du vrai bonheur est en nous, et qu'il ne dépend pas des hommes de rendre vraiment misérable celui qui sait vouloir être heureux.”

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  • “Les hommes ne sont point faits pour être entassés en fourmilières, mais épars sur la terre qu'ils doivent cultiver. Plus ils se rassemblent, plus ils se corrompent. Les infirmités du corps, ainsi que les vices de l'âme, sont l'infaillible effet de ce concours trop nombreux. L'homme est de tous les animaux celui qui peut le moins vivre en troupeaux. Des hommes entassés comme des moutons périraient tous en très peu de temps. L'haleine de l'homme est mortelle à ses semblables : cela n'est pas moins vrai au propre qu'au figuré. Les villes sont le gouffre de l'espèce humaine.”

  • “Le mal que m'ont fait les hommes ne me touche en aucune sorte ; la crainte seule de celui qu'ils peuvent me faire encore est capable de m'agiter ; mais certain qu'ils n'ont plus de nouvelle prise par laquelle ils puissent m'affecter d'un sentiment permanent je me ris de toutes leurs trames et je jouis de moi-même en dépit d'eux.”

  • “En approchant du bosquet, j'aperçus, non sans une émotion secrète, vos signes d'intelligences, vos sourires mutuels, et le coloris de tes joues prendre un nouvel éclat. En y entrant, je vis avec surprise ta cousine s'approcher de moi, et, d'un air plaisamment suppliant, me demander un baiser.”

  • “Qu'une fille manque de raison, d'expérience pour juger de la sagesse et des mœurs, un bon père y doit suppléer sans doute ; son droit, son devoir même est de dire : Ma fille, c'est un honnête homme, ou, c'est un fripon ; c'est un homme de sens, ou, c'est un fou. Voilà les convenances dont il doit connaître ; le jugement de toutes les autres appartient à la fille.”

  • “La pudeur, n'est rien, elle n'est qu'une invention des lois sociales pour mettre à couvert les droits des pères et des époux et maintenir quelque ordre dans les familles.”

  • “Dans toutes les questions de morale difficiles comme celle-ci, je me suis toujours bien trouvé de les résoudre par le dictamen de ma conscience, plutôt que par les lumières de ma raison. Jamais l'instinct moral ne m'a trompé : il a gardé jusqu'ici sa pureté dans mon cœur assez pour que je puisse m'y confier, et s'il se tait quelquefois devant mes passions dans ma conduite, il reprend bien son empire sur elles dans mes souvenirs.”

  • “La loi judaïque toujours subsistante, celle de l'enfant d'Ismaël qui depuis dix siècles régit la moitié du monde, annoncent encore aujourd'hui les grands hommes qui les ont dictées ; et tandis que l'orgueilleuse philosophie ou l'aveugle esprit de parti ne voit en eux que d'heureux imposteurs, le vrai politique admire dans leurs institutions ce grand et puissant génie qui préside aux établissements durables.”

  • “Eh bien, dans cet état déplorable je ne changerais pas encore d'être et de destinée contre le plus fortuné d'entre eux, et j'aime encore mieux être moi dans toute ma misère que d'être aucun de ces gens-là dans toute leur prospérité.”

  • “Il faut que les écrits fait pour les solitaires parlent la langue des solitaires : pour les instruire, il faut qu'ils leur plaisent, qu'ils les intéressent ; il faut qu'ils les attachent à leur état en le leur rendant agréable. Ils doivent combattre et détruire les maximes des grandes sociétés, ils doivent les montrer fausses et méprisables, c'est-à-dire telles qu'elles sont. A tous ces titres, un roman s'il est bien fait, au moins s'il est utile, doit être sifflé, haï, décrié par les gens à la mode, comme un livre plat, extravagant, ridicule ; et voilà, monsieur, comment la folie du monde est sagesse.”

  • “En lui faisant sentir quel charme ajoute à l'attrait des sens l'union des cœurs, je le dégoûterai du libertinage, et je le rendrai sage en le rendant amoureux.”

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  • “Il est pour les Nations comme pour les hommes un temps de maturité qu'il faut attendre avant de les soumettre à des lois ; mais la maturité d'un peuple n'est pas toujours facile à connaître, et si on la prévient l'ouvrage est manqué. Tel peuple est disciplinable en naissant, tel autre ne l'est pas au bout de dix siècles.”