La folie a sa propre logique et le vrai fou se sait sain d'esprit : c'est ce qui fait sa force. Il a un avantage énorme sur les autres, pour qui l'équilibre mental est avant tout une affaire de consensus.
Le monde romanesque n'est que la correction de ce monde-ci, suivant le désir profond de l'homme. Car il s'agit bien du même monde. La souffrance est la même, le mensonge et l'amour. Les héros ont notre langage, nos faiblesses, nos forces. Leur univers n'est ni plus beau ni plus édifiant que le nôtre. Mais eux, du moins, courent jusqu'au bout de leur destin et il n'est même jamais de si bouleversants héros que ceux qui vont jusqu'à l'extrémité de leur passion.
L'unique joie au monde c'est de commencer. Il est beau de vivre parce que vivre c'est commencer, toujours, à chaque instant. Quand ce sentiment fait défaut prison, maladie, habitude, stupidité- on voudrait mourir.
Derrière les cultures et les routes, derrière les maisons humaines, sous mes pieds, le vieux cœur indifférent de la terre couvait dans l'obscurité, vivait en ses ravins, ses racines, ses choses secrètes, les peurs de l'enfance.
Celui qui ne sait pas vivre avec charité et ambrasser la douleur des autres est puni en ceci qu'il sent avec une violence intolérable sa propre douleur.