“J'ai compris alors qu'un homme qui n'aurait vécu qu'un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il aurait assez de souvenirs pour ne pas s'ennuyer. Dans un sens, c'était un avantage.”
“En prison comme à l'hosto, on attend et on s'emmerde énormément. Et puis, surtout, on parle de l'avenir en utilisant les mots sortir et dehors . Quand on sera dehors , la vraie vie pourra reprendre...”
"Cette citation révèle une analogie troublante entre deux institutions de confinement : la prison et l'hôpital. Elle souligne l'expérience universelle de l'attente forcée et de l'ennui qui vide l'existence de son sens immédiat. Le langage employé par les personnes confinées devient révélateur : leur discours se structure autour de l'idée de 'dehors', transformant le présent en simple parenthèse avant la 'vraie vie'. Cette dichotomie intérieur/extérieur pose la question fondamentale de ce qui constitue réellement l'existence authentique. La citation suggère que dans ces espaces de contrainte, le temps se suspend, et l'identité se réduit à l'attente d'une libération qui permettrait enfin de 'reprendre' une vie interrompue."
La signification philosophique réside dans la conception du temps et de la liberté. Elle interroge : le présent est-il toujours déjà une attente ? La 'vraie vie' est-elle nécessairement ailleurs et plus tard ? Cette citation évoque les notions husserliennes d'intentionnalité (toute conscience est conscience de quelque chose, ici : 'dehors') et heideggériennes d'être-pour-la-mort, où l'existence se projette constamment vers un futur. Elle révèle aussi comment les institutions créent des subjectivités spécifiques, où le langage même devient un outil de survie psychologique, marquant une rupture entre un 'ici-maintenant' aliénant et un 'ailleurs-futur' idéalisé.
Cette citation est d'une pertinence frappante dans le monde contemporain. Elle résonne avec les expériences de confinement sanitaire global lors de la pandémie de COVID-19, où des populations entières ont vécu l'attente, l'ennui et le report de la 'vraie vie'. Elle éclaire aussi les débats sur l'incarcération de masse, l'isolement en EHPAD, ou la vie dans les centres de rétention. À l'ère de l'instantanéité numérique, elle questionne notre rapport au temps : ne vivons-nous pas souvent dans l'attente d'un 'dehors' (succès, vacances, retraite), dévalorisant le présent ? Elle invite à réfléchir sur les nouvelles formes d'enfermement (algorithmiques, sociaux, psychologiques) et sur ce qui, aujourd'hui, constitue une 'vie pleine'.
L'enfermement, qu'il soit carcéral ou médical, se caractérise par une attente interminable et un ennui profond. Le futur y est systématiquement envisagé comme une sortie, un retour à la vie réelle., Que ce soit derrière les barreaux ou dans un lit d'hôpital, le temps se fige. Les conversations tournent inlassablement autour de l'après, du moment où l'on pourra retrouver le monde extérieur et une existence pleine., Prison ou hôpital : deux univers où l'on subit le temps. L'horizon se réduit à la perspective de la libération, perçue comme le seul accès possible à une vie authentique.
“J'ai compris alors qu'un homme qui n'aurait vécu qu'un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il aurait assez de souvenirs pour ne pas s'ennuyer. Dans un sens, c'était un avantage.”
“À Mohammed Dib Ma maison mon pain de gloire et le sein meurtri de ma terre. Sous les cendres jusqu'aux portes de ta prison j'ai pitié de nous. J'ai pitié de nous comme on a pitié de son frère quand les couteaux tuent la parole quand les mendiants désertent les cours comme une confession de pierres sur les cris du poète assassiné.”
“La vie est un choix et chaque choix que nous faisons nous rapproche ou nous éloigne de notre liberté.”
“La prison et les autorités conspirent pour dépouiller chacun de se dignité. Cela en soi m'a permis de survivre...Je suis fondamentalement optimiste...se laisser aller au désespoir mène à la défaite et à lamort.”
“La seule façon de s'échapper de la prison est de la traverser.”
“L'avantage, c'est qu'on ne recherche pas forcément un lieu avec des bancs ou des chaises. Nous, quel que soit le lieu où l'on va, on est déjà assis.”
“Apprendre, partager, tant qu’y a de l’échange, y’a de l’espoir.”
“Il faut savoir que, quand tu es couché sur le dos dans l'incapacité totale de bouger, ton champ de vision doit se satisfaire du plafond de la pièce où on t'a installé, et du visage des personnes qui ont l'amabilité de se pencher sur toi pour te parler.”
“Quand la faiblesse physique devient une force mentale,”
“En prison comme à l'hosto, on attend et on s'emmerde énormément. Et puis, surtout, on parle de l'avenir en utilisant les mots "sortir" et "dehors". Quand on sera "dehors", la vraie vie pourra reprendre...”