“J'ai compris alors qu'un homme qui n'aurait vécu qu'un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il aurait assez de souvenirs pour ne pas s'ennuyer. Dans un sens, c'était un avantage.”
“Dès demain, Rio de Janeiro, ville de ma jeunesse et territoire de mon âge fou, va-t-elle se donner, se refuser ?(...) J'y ai tant dragué, tant aimé. J'y ai tant peiné et, pendant quatre années combattu pour la Révolution. (...) J'appréhende de la revoir. (...) J'ai transmis à Maître Fragoso le jour et l'heure de mon arrivée. C'est lui qui naguère m'avait défendu devant le tribunal militaire de Rio, obtenant des juges qu'ils ramènent ma peine à deux ans de prison. Pourvu que Maître Fragoso ait reçu mon message et qu'il se trouve au rendez-vous.”
"Cette citation évoque la confrontation entre mémoire personnelle et réalité présente, entre l'identité passée et l'identité actuelle. Le narrateur exprime une appréhension face au retour dans un lieu chargé d'histoire personnelle - à la fois espace de liberté, d'amour, de lutte politique et de répression. La mention de Maître Fragoso symbolise le lien entre passé judiciaire et présent incertain, créant une tension entre rédemption et répétition. La question 'se donner, se refuser' personnifie la ville, suggérant que la rencontre dépend autant de la ville elle-même que du narrateur."
La citation explore philosophiquement la dialectique entre mémoire et présent, entre l'identité forgée dans la jeunesse révolutionnaire et la réalité contemporaine. Elle questionne la possibilité de retourner aux lieux de formation identitaire sans trahir ou être trahi par ses propres souvenirs. Le 'territoire de mon âge fou' représente l'espace géographique comme réceptacle de l'histoire personnelle et politique, tandis que l'attente de Maître Fragoso symbolise la dépendance aux autres pour réconcilier passé et présent.
Cette citation reste pertinente dans les sociétés contemporaines où les questions de mémoire historique, de réconciliation nationale et d'identité politique sont centrales. Elle résonne particulièrement avec les expériences des exilés politiques, des militants vieillissants, et plus généralement avec toute personne confrontée au retour dans des lieux chargés de souvenirs personnels et historiques. À l'ère des commémorations et des révisions historiques, elle interroge notre capacité à habiter nos propres histoires.
Retourner aux sources de son engagement, c'est risquer de confronter ses idéaux passés à la réalité présente, Les lieux de notre jeunesse conservent-ils la promesse de ce que nous fûmes, ou nous renvoient-ils l'image de ce que nous sommes devenus ?, L'appréhension du retour dans un espace qui fut témoin de nos combats et de nos transformations intimes
“J'ai compris alors qu'un homme qui n'aurait vécu qu'un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il aurait assez de souvenirs pour ne pas s'ennuyer. Dans un sens, c'était un avantage.”
“À Mohammed Dib Ma maison mon pain de gloire et le sein meurtri de ma terre. Sous les cendres jusqu'aux portes de ta prison j'ai pitié de nous. J'ai pitié de nous comme on a pitié de son frère quand les couteaux tuent la parole quand les mendiants désertent les cours comme une confession de pierres sur les cris du poète assassiné.”
“La vie est un choix et chaque choix que nous faisons nous rapproche ou nous éloigne de notre liberté.”
“La prison et les autorités conspirent pour dépouiller chacun de se dignité. Cela en soi m'a permis de survivre...Je suis fondamentalement optimiste...se laisser aller au désespoir mène à la défaite et à lamort.”
“La seule façon de s'échapper de la prison est de la traverser.”
“Vais-je me jeter dans la gueule du loup ? J'ai peur. Il y a onze ans que j'attends d'y retourner, dans ce Brésil qui m'inocula le goût dangereux, parfois mortel (je songe à des amis assassinés), de l'amour et de la politique. Onze ans à guetter le relâchement de la dictature, un signe de retour à la démocratie, une loi d'amnistie.”