Citations Emil Cioran - page 2

Emil Cioran (1911-1995) est un philosophe et essayiste roumain d'expression française, connu pour son style aphoristique et son pessimisme radical. Né en Roumanie, il s'installe à Paris en 1937 où il vivra jusqu'à sa mort. Son œuvre, marquée par une prose lyrique et fragmentaire, explore les thèmes de l'insomnie, de la décadence, du suicide et de l'absurdité de l'existence. Son style se caractérise par une élégance désespérée, mêlant profondeur métaphysique et ironie mordante, souvent comparé à celui des moralistes français du XVIIe siècle.

Style & Philosophie

Cioran est associé à l'existentialisme et au nihilisme, bien qu'il rejette toute étiquette philosophique systématique. Ses techniques incluent l'aphorisme, la paradoxe, et l'auto-ironie. Il développe une pensée du 'désespoir lucide', influencée par Schopenhauer, Nietzsche et les mystiques. Sa philosophie refuse toute consolation métaphysique ou idéologique, prônant une lucidité absolue face à la vacuité de l'existence et à l'échec de toute entreprise humaine.

Le saviez-vous ?

Cioran a souffert d'insomnie chronique depuis l'adolescence, thème central dans son œuvre
Il a brûlé tous ses manuscrits en roumain après son installation en France
Il refusait systématiquement les prix littéraires, sauf le Prix Rivarol qu'il accepta pour des raisons financières
Il écrivait toujours debout, à un pupitre
Son frère était un important historien des religions en Roumanie

Chronologie

 
1911 : Naissance à Rășinari, Roumanie
 
1934 : Publication de son premier livre 'Sur les cimes du désespoir' en roumain
 
1937 : Bourse à l'Institut français de Bucarest, s'installe à Paris
 
1949 : Publication de 'Précis de décomposition', son premier livre en français
 
1973 : Prix Rivarol pour l'ensemble de son œuvre
 
1995 : Mort à Paris, enterré au cimetière de Montparnasse

Œuvres Principales

  • Précis de décomposition (1949)
  • Syllogismes de l'amertume (1952)
  • La Tentation d'exister (1956)
  • Histoire et utopie (1960)
  • Le Mauvais Démiurge (1969)
  • De l'inconvénient d'être né (1973)
  • Écartèlement (1979)

Auteurs Associés

Friedrich Nietzsche Arthur Schopenhauer Blaise Pascal Samuel Beckett Fernando Pessoa Thomas Bernhard Mihai Eminescu
  • “Deux voies s'ouvrent à l'homme et à la femme : la férocité ou l'indifférence. Tout nous indique qu'ils prendront la seconde voie, qu'il n'y aura entre eux ni explication ni rupture, mais qu'ils continueront à s'éloigner l'un de l'autre.”

  • “Au paradis, les objets et les êtres, assiégés de tous côtés par la lumière, ne projettent pas d'ombre. Autant dire qu'ils manquent de réalité, comme tout ce qui est inentamé par les ténèbres et déserté par la mort.”

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  • “Heureux ceux qui ignorent que mûrir c'est assister à l'aggravation de ses incohérences et que c'est là le seul progrès dont il devrait être permis de se vanter.”

  • “Point d'action ni de réussite sans une attention totale aux causes secondaires. La "vie" est une occupation d'insecte.”

  • “On doit se méfier des lumières qu'on possède sur soi. La connaissance que nous avons de nous-même, indispose et paralyse notre démon. C'est là qu'il faut chercher la raison pour laquelle Socrate n'a rien écrit.”

  • “La musique, système d'adieux, évoque une physique dont le point de départ ne serait pas les atomes, mais les larmes.”

  • “Le désir de paraître intelligent augmente les capacités d'une intelligence. Toute vanité stimule. Ceux qui en sont dépourvus demeurent en deçà d'eux-mêmes, laissent inexploitée une partie de leurs dons.”

  • “Plus l'homme acquiert de la puissance, plus il devient vulnérable.Ce qu'il doit le plus redouter, c'est le moment où, la création entièrement jugulée, il fêtera son triomphe, apothéose fatale, victoire à laquelle il ne survivra pas. Le plus probable est qu'il disparaîtra avant d'avoir réalisé toutes ses ambitions. Il est déjà si puissant que l'on se demande pourquoi il aspire à l'être davantage. tant d'insatiabilité trahit une misère sans recours, une déchéance magistrale.”

  • “Nous n'avions rien à nous dire, et, tandis que je proférais des paroles oiseuses, je sentais que la terre coulait dans l'espace et que je dégringolais avec elle à une vitesse qui me donnait le tournis.”

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  • “Les avantages d'un état d'éternelle virtualité me paraissent si considérables, que, lorsque je me mets à les dénombrer, je n'en reviens pas que le passage à l'être ait pu s'opérer jamais.”