Un temps viendra où, par ...

Citation: Un temps viendra où, par ennui, vous éprouverez autant de désir d'entendre ces cris qu'ils vous inspirent aujourd'hui d'horreur ; vous guetterez le délire de votre voisin, comme vous feriez d'une représentation théâtrale. Tout sentiment d'humanité sera éteint en vous ; les fureurs de ces misérables seront à la fois pour vous une torture et un divertissement.
“Un temps viendra où, par ennui, vous éprouverez autant de désir d'entendre ces cris qu'ils vous inspirent aujourd'hui d'horreur ; vous guetterez le délire de votre voisin, comme vous feriez d'une représentation théâtrale. Tout sentiment d'humanité sera éteint en vous ; les fureurs de ces misérables seront à la fois pour vous une torture et un divertissement.”
Charles Robert Maturin

Réflexion AI

"Cette citation décrit une transformation psychologique profonde où l'horreur initiale face à la souffrance d'autrui se mue en fascination morbide par lassitude. Elle explore comment l'exposition prolongée à la violence ou à la détresse humaine peut émousser notre sensibilité éthique, transformant la compassion en curiosité clinique, puis en divertissement pervers. Le texte suggère que l'humanité n'est pas une qualité innée mais une disposition fragile qui peut s'éteindre sous l'effet de l'habitude et de l'ennui."

Sens Profond

La citation révèle plusieurs couches philosophiques : 1) La dialectique entre compassion et indifférence comme états non fixes mais transformables. 2) La banalisation du mal par répétition et normalisation. 3) La transformation de la souffrance en spectacle, préfigurant les analyses de la société du spectacle. 4) La réification de l'autre, qui passe de sujet souffrant à objet de curiosité. 5) L'idée que l'ennui peut être plus corrosif pour l'éthique que la haine active.

Pertinence Actuelle

Cette citation est terriblement actuelle à l'ère du numérique : 1) La consommation passive de contenus violents sur les réseaux sociaux 2) La 'fatigue compassionnelle' face aux crises humanitaires médiatisées 3) L'esthétisation de la souffrance dans certains contenus visuels 4) Le phénomène des 'spectateurs passifs' face aux agressions en public 5) La banalisation des discours de haine par répétition médiatique. Elle questionne notre capacité à maintenir une sensibilité éthique dans un monde saturé d'images de souffrance.

Synonymes & Variantes

L'habitude émousse la compassion, La répétition transforme l'horreur en banalité, L'œil s'accoutume à tout, même à l'inhumain, De spectateur horrifié à voyeur indifférent, L'ennui comme corrupteur de la conscience morale

Questions Fréquentes

Citations liés

“Ceux qui s'aiment aujourd'hui doivent mourir ensemble, s'ils veulent etre réunis. L'injustice sépare, la honte, la douleur, le mal qu'on fait aux autres, le crime séparent. Vivre est une torture puisque vivre sépare.”

“Il y a dans l'acte d'amour une grande ressemblance avec la torture ou avec une opération chirurgicale.”

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“La torture et le meurtre sont des actes ignobles qui sapent la dignité humaine.”

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“La torture est une pratique cruelle et inhumaine qui ne peut pas être tolérée.”

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Citations du même auteur

“— Partez, être maudit, et ne nous troublez pas. Partez, maudit et pour maudire ! — Je pars vainqueur et pour vaincre, répondit Melmoth avec un triomphe sauvage et féroce. Malheureux ! Ce sont vos vices, vos passions et vos faiblesses qui font de vous mes victimes. Jetez sur vous le blâme et non sur moi. Héroïques dans le crime mais lâches dans le désespoir, vous vous mettriez à genoux à mes pieds pour que vous soit conférée la terrible immunité qui me permet en cet instant de traverser vos rangs : chaque cœur humain m'accompagne de sa malédiction, pourtant nulle main n'ose me toucher !”

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“— Partez, être maudit, et ne nous troublez pas. Partez, maudit et pour maudire ! — Je pars vainqueur et pour vaincre, répondit Melmoth avec un triomphe sauvage et féroce. Malheureux ! Ce sont vos vices, vos passions et vos faiblesses qui font de vous mes victimes. Jetez sur vous le blâme et non sur moi. Héroïques dans le crime mais lâches dans le désespoir, vous vous mettriez à genoux à mes pieds pour que vous soit conférée la terrible immunité qui me permet en cet instant de traverser vos rangs : chaque cœur humain m'accompagne de sa malédiction, pourtant nulle main n'ose me toucher !”

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“— Et c'est cela, alors, la vie monastique ? — C'est cela ; à deux exceptions près : pour ceux qui, par l'imagination, peuvent renouveler chaque jour l'espoir de s'échapper et chérissent cet espoir jusqu'à leur lit de mort ; pour ceux qui, comme moi, diminuent leur misère en la divisant et, semblables à l'araignée, se soulagent du poison dont ils sont gonflés en en instillant une goutte à chaque insecte qui, comme vous, peine et agonise dans leur toile.”

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“— Cieux immortels ! Qu'est-ce que l'homme ? Un être qui possède l'ignorance, mais non l'instinct de l'animal le plus faible ! Il est comme l'oiseau : lorsque tu poses sur lui ta main, ô toi que je n'ose appeler Père, il frissonne et jette des cris, bien que cette douce pression n'ait d'autre but que de le ramener vers sa cage et, pour fuir la crainte légère qui lui trouble les sens, il se précipite dans le piège tendu à sa vue, où sa captivité est sans espoir !”

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“— Pendant combien de temps, Seigneur, s'exclama-t-il, pendant combien de temps tes ennemis insulteront-ils ton sanctuaire et moi, ton prédicateur consacré, ici même dans cette prison où j'ai été placé pour parler aux âmes ? Ouvre les vannes de ton pouvoir et au milieu des vagues et des tempêtes qui me submergent laisse-moi rendre témoignage comme celui qui, à la dérive, peut encore lever un bras pour prévenir son compagnon qu'il va couler.”

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