“De tous les hommes que je rencontrai, je suis le plus poli, la politesse est mon climat, je m'y repose, un automate y prend souvent ma place en veillant où je dors, c'est à ce moment-là que je parais de la civilité la plus exquise. On n'imagine à quel point je me vide de moi-même en abordant les autres, cela me permet de les écouter sans lassitude et comme la plupart éprouvent la démangeaison de parler inlassablement de leur personne, se plaignant, s'épanchant, se vantant, s'exhalant, s'approuvant et se contemplant, j'ouvre à leur complaisance une carrière sans limites.”
“Non, je ne pleure pas Madame Mère, les larmes que nous donnons à nos morts c'est notre complaisance qui nous les arrache et l'homme pleure sur soi-même. Il m'est indifférent de mourir ou de vivre et je fus toujours dans ces dispositions, les femmes et l'amour ne sauraient m'émouvoir, la femme que fut en son temps Madame Mère ne m'attira jamais, mes profondeurs sont flegmatiques, leur calme me surprend, je ne me connaissais encore et cette révélation m'enseigne que j'étais né pour être un philosophe. La tourmentée ce fut Madame Mère, mais ses alarmes nous sauvèrent tous, son tremblement valait une sagesse.”
“Mon Père est en relation avec des gens, qui gagnent magnifiquement leur vie, entrepreneurs, industriels, négociants, banquiers, épiciers et bouchers. Toutes ces brutes se déclarent satisfaites, cela ne lit presque jamais ou seulement un mauvais livre, cela calcule en évitant de réfléchir, cela travaille et jouit durement, ce sont les forces vives de la nation, le monde est plein de pareils hommes et beaucoup les envient, en souhaitant de prendre un jour leur ressemblance. Les voilà, pourtant, ceux qui poussent à la catastrophe, plus que les Nihilistes, qui s'en vantent !”
“Autant je hais l'orgasme sexuel, autant je prise l'état fait de contemplation et de transport, de calme et de ravissement, de certitude et de vertige, où je me retrouve autre en devenant moi-même et ce durant parfois trois heures. Qu'est-ce auprès de cette félicité, que l'épilepsie d'une chair ébranlée durant trois minutes ?”
“Je suis de cœur avec les révoltés de l'An 68, ils éprouvaient ce que je sens, ils ne se concevaient eux-mêmes, d'où leur faiblesse, ils valaient mieux que leurs idées et leurs méthodes, nous reverrons demain ce que nous vîmes, nous sommes arrivés au point où la subversion est le dernier espoir, la légalité n'étant plus qu'une imposture.”
“Autant je hais l'orgasme sexuel, autant je prise l'état fait de contemplation et de transport, de calme et de ravissement, de certitude et de vertige, où je me retrouve autre en devenant moi-même et ce durant parfois trois heures. Qu'est-ce auprès de cette félicité, que l'épilepsie d'une chair ébranlée durant trois minutes ?”