“— Oui, je l'ai insulté ; mais je voulais me battre avec lui, et quand on veut se battre avec les gens il faut bien les insulter.”
“Alors, pour la première fois, nous nous apercevons que notre langue manque de mots pour exprimer cette insulte: la démolition d'un homme. En un instant, dans une intuition quasi prophétique, la réalité nous apparaît: nous avons touché le fond.”
“— Oui, je l'ai insulté ; mais je voulais me battre avec lui, et quand on veut se battre avec les gens il faut bien les insulter.”
“— Il faut, répondait-il aux insultes, laisser les autres avoir raison, puisque cela les console de n'avoir pas autre chose.”
“Les compliments, c'est bien beau, c'est bien agréable, mais on ne sait jamais si c'est sincère, tandis que les insultes, ça vient du cœur.”
“— Vous êtes sûre d'aller bien ? Vous ne m'avez pas encore insulté, alors que nous discutons depuis - il consulta sa montre - trente secondes déjà.”
“Recevoir une pierre sur la tête, c'est un mal qui existe ; la honte, l'infamie, l'opprobre, l'insulte, ne sont des maux qu'autant qu'on les sent. Il n'y a point de mal quand on ne sent rien.”
“Sauf exception (les nazis) n'étaient pas des monstres, ils avaient notre visage... Mais ils avaient été mal éduqués.”
“Nous sentîmes alors descendre dans notre âme, nouvelle pour nous, l'antique douleur du peuple qui n'a pas de patrie, la douleur sans espoir de l'exode que chaque siècle renouvelle.”
“Le sentiment de notre existence dépend pour une bonne part du regard que les autres portent sur nous : aussi peut-on qualifier de non humaine l'expérience de qui a vécu des jours où l'homme a été un objet aux yeux de l'homme.”
“L'expérience [du camp] nous avait prouvé maintes fois la vanité de toute prévision : à quoi bon se tourmenter à prévoir l'avenir, quand aucun de nos actes, aucune de nos paroles n'aurait pu l'infléchir si peu que ce fût ?”
“La faculté qu'a l'homme de se creuser un trou, de sécréter une coquille, de dresser autour de soi une fragile barrière de défense, même dans des circonstances apparemment désespérées, est un phénomène stupéfiant qui demanderait à être étudié de près.”