“Ceux qui s'aiment aujourd'hui doivent mourir ensemble, s'ils veulent etre réunis. L'injustice sépare, la honte, la douleur, le mal qu'on fait aux autres, le crime séparent. Vivre est une torture puisque vivre sépare.”
“La colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral [...] Au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et interrogés , de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l'Europe, et le progrès, lent, mais sûr, de l'ensauvagement du continent.”
"Cette citation, d'une violence analytique saisissante, inverse le regard traditionnel porté sur la colonisation. Au lieu de se concentrer uniquement sur les ravages infligés aux colonisés, elle expose comment le projet colonial est un processus d'auto-destruction morale et civilisationnelle pour le colonisateur. Elle décrit une spirale de déshumanisation : la violence institutionnalisée et justifiée par l'idéologie coloniale ne reste pas confinée 'outre-mer' ; elle revient comme un poison dans le corps politique et social de la métropole. Le colonisateur, en croyant dominer et 'civiliser', s'ensauvage lui-même, réveillant des instincts que la civilisation prétendait avoir domptés. La citation souligne l'inexorable contamination : les mensonges, la torture, le mépris racial finissent par corroder les fondements éthiques de la société qui les a produits. C'est une vision tragique où l'immoralité exportée devient une maladie auto-immune qui ronge le colonisateur de l'intérieur."
Le sens philosophique profond réside dans le concept de 'retour du refoulé' historique et moral. L'acte de colonisation, présenté comme une mission civilisatrice, est démasqué comme une entreprise de décivilisation mutuelle. Il y a une dialectique perverse : en niant l'humanité de l'Autre (le colonisé), le colonisateur nie sa propre humanité. Le 'progrès de l'ensauvagement' est une ironie amère qui subvertit le mythe du progrès linéaire européen. La citation suggère que la violence systémique et l'idéologie raciale ne sont pas des excès marginaux, mais le cœur même du système colonial, et que ce système produit inévitablement une régression anthropologique pour ses auteurs. Elle pose la question de la responsabilité historique et de la contamination durable des consciences et des structures sociales par des pratiques immorales institutionnalisées.
Cette citation est d'une brûlante actualité. Elle offre une clé de lecture pour comprendre les persistances du racisme et des inégalités systémiques dans les anciennes puissances coloniales. Le 'poison instillé dans les veines de l'Europe' évoque les difficultés à déconstruire un imaginaire racial hiérarchique, visible dans les discours xénophobes ou les discriminations. La notion de 'relativisme moral' trouve un écho dans les justifications des guerres contemporaines, des pratiques de sécurité liberticides ou de l'exploitation économique néo-coloniale. Enfin, l'idée d' 'ensauvagement' résonne avec les inquiétudes sur la montée des populismes, des nationalismes agressifs et de la violence politique, que certains analystes lient à un héritage non assumé de la domination et de l'impérialisme. La citation invite à une introspection critique sur les fondements historiques de nos sociétés.
Le colonialisme est une école de barbarie pour le colonisateur., En s'adonnant à la domination coloniale, l'Europe a inoculé dans ses propres institutions le virus de la violence raciale et de l'immoralité., L'entreprise coloniale a opéré une régression civilisationnelle en réveillant, chez ceux qui la menaient, les pulsions que la civilisation prétendait réprimer., Il y a une boomerang moral de la colonisation : la violence exportée finit par pervertir la société métropolitaine., Coloniser, c'est se déciviliser soi-même en systématisant le mépris, la cupidité et la cruauté.
“Ceux qui s'aiment aujourd'hui doivent mourir ensemble, s'ils veulent etre réunis. L'injustice sépare, la honte, la douleur, le mal qu'on fait aux autres, le crime séparent. Vivre est une torture puisque vivre sépare.”
“Il y a dans l'acte d'amour une grande ressemblance avec la torture ou avec une opération chirurgicale.”
“La torture et le meurtre sont des actes ignobles qui sapent la dignité humaine.”
“La torture est un crime contre l'humanité et n'a pas sa place dans une société civilisée.”
“La torture est une pratique cruelle et inhumaine qui ne peut pas être tolérée.”
“La vérité scientifique a pour signe la cohérence et l'efficacité. La vérité poétique a pour signe la beauté.”
“Mobutu : Le temps que j'annonce est le temps du sang rouge, la liberté est pour demain.”
“Partir. Mon cœur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : " J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies. "”
“(...) ou bien se débarrasser du passé comme d'un fardeau encombrant et déplaisant qui ne fait qu'entraver notre évolution, ou bien l'assumer virilement, en faire un point d'appui pour continuer notre marche en avant.”
“Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse...”